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<title>Fragments de géographie sacrée - belier</title>
<description>Fragments de géographie sacrée</description>
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<lastBuildDate>Tue, 15 Dec 2009 00:43:18 +0100</lastBuildDate>
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<title>Saint-Marcel, de la Creuse à la Bièvre</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 00:36:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;C'est une vieille histoire. L'histoire du médecin d'un petit village, passionné d'archéologie, qui emmène le dimanche deux hommes pour fouiller avec lui le plateau des Mersans, à &lt;b&gt;Saint-Marcel&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'un de ces hommes est mon grand-père paternel, Lucien, tout petit paysan sur la commune de Bouesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le médecin est Jacques Allain, pionnier d'Argentomagus, qui payait alors sur ses fonds propres ses deux compagnons de fouilles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vieille histoire : j'écris aujourd'hui sur Argentomagus, que mon aïeul, dans les années 60, a donc contribué à faire renaître. Le clavier et la souris ont remplacé la truelle et la pioche. Etrange continuité, et je songe qu'un hasard malicieux voulut que l'antique cité, placée sous l'égide de la blancheur et de l'éclat (étant à Neuvy Saint-Sépulchre ce que Leucade était à Delphes), fut mise au jour par un qui portait aussi la lumière dans son prénom...&amp;nbsp; Lucien...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et l'autre, je tiens cela de mon père, je ne l'invente pas, se nommait Blanchard...&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/301479593.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/411527093.JPG&quot; id=&quot;media-2162970&quot; alt=&quot;800px-Eglise_de_Saint-Marcel_(Indre).JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2162970&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;Eglise de &lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/05/Eglise_de_Saint-Marcel_%28Indre%29.JPG/800px-Eglise_de_Saint-Marcel_%28Indre%29.JPG&quot;&gt;Saint-Marcel&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il me faut m'attarder sur ce site, car il se trouve que je n'ai pas parlé non plus comme il le fallait de &lt;b&gt;Saint-Marcel&lt;/b&gt;, la cité qui a succédé à Argentomagus, s'établissant un peu plus au nord-ouest, laissant la cité s'édifiant plus bas dans la vallée reprendre le nom d'Argentomagus, du moins son premier élément. Reportons-nous à la vie du saint telle qu'elle est narrée sur le &lt;a href=&quot;http://www.argentomagus.com/christianisation.php&quot;&gt;site&lt;/a&gt; du musée :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&quot;Le récit légendaire du double martyr de saint-Marcel et de saint Anastase est la première manifestation de l'évangélisation d'Argentomagus. La venue de ces deux apôtres de la foi chrétienne est traditionnellement placée au milieu du IIIe s., sous le règne de l'empereur Dèce (248-251).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;D'après la légende, Marcel n'avait que 15 ans tandis qu'Anastase était parvenu à l'âge mûr. Venant de Rome et se dirigeant vers Toulouse, les deux missionnaires s'arrêtèrent dans une maison du faubourg d'Argentomagus. Là, Marcel accomplit un premier prodige en rendant la santé à un misérable enfant sourd, aveugle, muet et boiteux de surcroît... Puis, renouvelant le miracle des Noces de Cana, il transforma l'eau en vin au grand émerveillement du voisinage assemblé.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Instruit de l'effervescence qui agita le quartier après ces deux miracles, Héracle, le préteur de la ville, fit bientôt comparaître le thaumaturge et son compagnon et les somma d'abjurer leur foi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Irrité par leur refus de sacrifier Apollon, Hercule et Diane, les divinités vénérées dans le temple, Héracle livra Marcel au supplice du chevalet puis du gril sur des braises ardentes. L'adolescent supporta toutes ces épreuves avant de demander à être conduit à l'entrée du sanctuaire. Là, devant une foule considérable, Marcel ordonna à Apollon de sortir du temple. La divinité s'exécuta et, poussant un long rugissement, s'évanouit dans un nuage de soufre. Alors le saint pénétra dans le temple. Aussitôt les statues des idoles tombent de leur piédestal et viennent se briser à ses pieds.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Après avoir été une nouvelle fois livré au supplice, Marcel fut jeté dans un cachot, le saint fut peu après décapité non sans avoir prophétisé. La tradition prétend en effet que Marcel fut martyrisé et inhumé à l'emplacement de l'église actuelle. Quant à son compagnon, il fut mis à mort sur le chevalet au lieu-dit le clos Saint-Anastase, aujourd'hui le Champ de l'Image.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Quoiqu'il en soit, l'archéologie, ne nous est d'aucun secours puisque jamais ici, le moindre symbole chrétien n'a été observé sur des objets gallo-romains.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/728677675.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/1780874285.jpg&quot; id=&quot;media-2162971&quot; alt=&quot;stmarcel-dragon.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2162971&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;Saint Marcel et le dragon&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;Châteauroux, BM, ms. 002&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;Bréviaire à l'usage de Paris&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette légende montre bien en creux la difficulté que l'église rencontra pour éradiquer les cultes païens qui devaient être ici très prégnants. J'avais en 2005 déjà signalé le passage à Argenton du moine &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/04/01/en_suivant_la_mage.html&quot;&gt;Yrieix&lt;/a&gt;, lors de son voyage à Tours, daté entre 556 et 573, lequel décrit le lieu comme profane et consacré aux démons de la religion antique. C'était donc plus de trois siècles après le martyre supposé de Marcel... Les clercs qui rédigèrent la vie de Marcel n'hésitent pas à prêter vie aux divinités du temple, pour mieux les réduire en cendres par la suite, mais cette naïveté est bien sûr gênante pour les chrétiens d'aujourd'hui, et Mgr Villepelet qui recense Marcel et Anastase dans la liste des Saints Berrichons (1) juge &quot;&lt;i&gt;raisonnable et prudent de traiter ce document comme le témoin de traditions anciennes&quot;&lt;/i&gt;, sans accorder foi à tous les détails. Il est significatif quant à notre propos de voir que c'est &lt;b&gt;Apollon&lt;/b&gt; qui est au premier chef concerné par l'appel de Marcel. C'est lui qui obéit à l'ordre du saint et part en fumée. non sans avoir poussé un long rugissement de bête blessée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ceci n'est pas sans faire penser à un autre &lt;a href=&quot;http://www.mythologie-iledefrance.fr/images/affiche-sergent.pdf&quot;&gt;saint Marcel&lt;/a&gt;, celui de Paris, qui vint à bout du dragon de la Bièvre. Jacques Le Goff lui a consacré une étude tout à fait passionnante. S'il ne fut pas martyrisé, il a au moins un autre point commun avec notre Marcel berrichon, c'est le miracle renouvelé des noces de Cana : &quot;&lt;i&gt;Le second miracle&lt;/i&gt; (Vita, VI), écrit J. Le Goff, &lt;i&gt;qui revêt déjà une allure christologique, mais qui rappelle un des premiers miracles du Christ avant l'apostolat décisif de ses dernières années, le miracle des noces de Cana, se produit quand, Marcel puisant de l'eau dans la Seine pour permettre à son évêque de se laver les mains, cette eau se change en vin et enfle de volume au point de permettre à l'évêque de donner la communion à tout le peuple présent ; son auteur devient diacre.&lt;/i&gt;&quot;(2)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce saint Marcel, devenu lui-même évêque de Paris,&amp;nbsp; patronna sainte Geneviève. Or, celle-ci a été mise en relation par &lt;b&gt;Anne Lombard-Jourdan&lt;/b&gt;, avec la déesse grecque &lt;a href=&quot;http://cths.fr/ed/edition.php?id=1576&quot;&gt;Leucothéa&lt;/a&gt;, que nous avons évoquée au billet précédent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Recoupements troublants. Lutèce-Argentomagus, mêmes constellations symboliques ? Il va falloir aller y voir de plus près.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt;&quot;&gt;____________________&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;(1) Mgr Jean Villepelet,&amp;nbsp; &lt;i&gt;Les Saints Berichons&lt;/i&gt;, Tardy, 1963, p. 114-115.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;(2) Jacques Le Goff, &lt;i&gt;Culture ecclésiastique et culture folklorique au Moyen Age, Saint Marcel de Paris et le dragon&lt;/i&gt;, repris dans &lt;i&gt;Pour un autre Moyen Age&lt;/i&gt;, Quarto, Gallimard, 1999, p. 230.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Argenton la brillante</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/12/11/argenton.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Sat, 12 Dec 2009 00:29:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Une nouvelle phase s'est ouverte pour cette tentative de restitution d'une géographie symbolique du pays berrichon : quatre années de blog, trois cents notes très exactement, doivent être refondues en un ou plusieurs volumes, qui iront peut-être à l'impression traditionnelle. J'ai fait récemment le premier pas en ce sens, à savoir reprendre l'ensemble dans un traitement de texte, ce qui veut dire remonter le temps, étant donné que dans un blog les notes s'entassent et l'ordre est donc antéchronologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai choisi dans un premier temps de ne rien discriminer et d'enregistrer texte, iconographie et commentaires éventuels. Ce ne fut point trop long, quoique un peu fastidieux. Douze fichiers ont recueilli cette matière (plus un treizième, consacré au facteur de coïncidences, que je laisse pour l'instant de côté). Mais à peine ai-je commencé à me pencher sérieusement sur le premier fichier, consacré logiquement au Bélier, que les premières difficultés m'apparurent avec évidence. La nature discontinue des billets de blog me masquait certains manques, qui ne peuvent plus échapper dès lors qu'on s'adonne à un effort de synthèse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi que je m'aperçus que j'avais un peu sous-traité le cas de la ville d'Argenton. Certes je l'avais évoquée, et &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/search/argenton&quot;&gt;très tôt&lt;/a&gt;, mais j'avais vite filé au-delà ou en-deça, avec la chapelle de &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/search/verneuil&quot;&gt;Verneuil&lt;/a&gt; et la ville de &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/search/poitiers&quot;&gt;Poitiers&lt;/a&gt;. Or, &lt;b&gt;Argenton&lt;/b&gt; est le&amp;nbsp; second relais d'importance sur l'axe équinoxial du zodiaque neuvicien, axe Bélier-Balance qui est comme la poutre maîtresse de l'édifice zodiacal, la ligne inaugurale à partir de laquelle l'ensemble des signes se déploie.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/1416647649.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/984070225.jpg&quot; id=&quot;media-2157663&quot; alt=&quot;axe_vernal.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2157663&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Revenons sur les découvertes de &lt;b&gt;Jean Richer&lt;/b&gt; en ce qui concerne pareil axe dans les zodiaques qu'il a étudiés. En ce qui concerne la roue zodiacale centrée sur Delphes, il écrit : &quot;&lt;i&gt;Le point initial du cycle, en relation avec l'équinoxe de printemps et correspondant symboliquement au point vernal, tombait dans la mer Ionienne juste en avant du saut de Leucade. Il était donc commode, pour la lecture ultérieure de la figure, de tracer un cercle ayant pour rayon la distance Delphes-Leucade et de le diviser en douze parties égales à partir du point que nous venons d'indiquer&lt;/i&gt;.&quot;(1) Dans le chapitre précédent, Richer avait proposé ce site remarquable des falaises du cap Leucate, à l'extrémité méridionale de l'île auquel il donne son nom, comme &quot;&lt;i&gt;le lieu allégorique de l'apparente mort quotidienne du dieu solaire Apollon-Hélios&lt;/i&gt;.&quot;(2) Les prêtres d'Apollon s'y exerçaient au plongeon sacré, remplaçant une ancienne ordalie (selon Strabon, chaque année le jour de la fête d'Apollon, un criminel était précipité du haut du rocher de Leucade, et était gracié s'il survivait à la chute). Par ailleurs, dans le domaine littéraire, le lieu est associé au suicide de &lt;a href=&quot;http://egophelia.free.fr/7ophelie/sappho.htm&quot;&gt;&lt;b&gt;Sappho&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, qui y plongea par dépit amoureux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le système centré sur &lt;b&gt;Sardes&lt;/b&gt;, en Asie Mineure, Richer mentionne pour le Bélier la cité située sur la côte d'Anatolie, nommée &lt;b&gt;Leuca&lt;/b&gt;, correspondant au point vernal de la Grèce continentale. Par ailleurs, il désigne comme centres, dans la géographie sacrée de la Grande Grèce, &lt;b&gt;Cumes&lt;/b&gt; (où fut érigée par les Grecs le premier temple d'Apollon de la péninsule italique), &lt;b&gt;Enna&lt;/b&gt; (ombilic de la sicile) et &lt;b&gt;Leuca&lt;/b&gt;, à la pointe sud-est de la Calabre. &quot;&lt;i&gt;Il existe&lt;/i&gt;, écrit-il, &lt;i&gt;une relation simple et significative entre Delphes, Leuca et Cumes : en effet, Leuca est sur la ligne Delphes-Cumes, presque exactement à mi-chemin des deux centres.&lt;/i&gt;&quot;(3)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais quel rapport, me direz-vous, entre tous ces lieux Leuca et la cité d'Argenton ? Il faut en appeler à l'étymologie : le cap Leucade est la Roche blanche (&lt;i&gt;Leukas pétré&lt;/i&gt;). Dans un autre mythe grec, Ino, plongeant dans la mer pour échapper à son époux rendu furieux par Héra, est recueillie par Poséidon et devient la nymphe &lt;b&gt;Leucothéa&lt;/b&gt;, littéralement la &lt;i&gt;Blanche Déesse&lt;/i&gt;. A la fin de &lt;i&gt;Delphes, Délos et Cumes&lt;/i&gt;, Jean Richer revient sur la récurrence de la racine &quot;Leuké&quot; : &quot;&lt;i&gt;Comme si l'idée de blancheur rayonnante, évoquant ce que devait être la pureté du candidat à l'initiation, était indissociable du début du cycle zodiacal, tous les lieux liés symboliquement au point vernal portent un nom où paraît le radical&lt;/i&gt; Leuké.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Ceci doit être rapproché du nom des&lt;/i&gt; &quot;Leukai&quot;, &lt;i&gt;les jeunes filles initiées d'&lt;/i&gt;Aptère &lt;i&gt;en Crète qui pratiquaient le plongeon rituel dans la mer.&lt;/i&gt;&quot; (4)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/02/1153575208.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/02/1237362585.jpg&quot; id=&quot;media-2157665&quot; alt=&quot;argenton3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2157665&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Argenton, vue du vieux pont&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or Argenton porte en son nom cette idée de blancheur rayonnante : le terme même d'&lt;b&gt;argent&lt;/b&gt; &quot;&lt;i&gt;dérive d'un&lt;/i&gt; arguus &lt;i&gt;&quot;éclat, blancheur&quot;, d'où vient le verbe&lt;/i&gt; arguere, &lt;i&gt;archaïquement &quot;faire briller, éclairer&quot;, puis au figuré &quot;démontrer&quot; et &quot;convaincre&quot; (-&amp;gt;arguer, argument). Le métal est donc appelé &quot;le brillant&quot; (comme l'or est &quot;le jaune&quot;) ; cette appellation se retrouve en grec (-&amp;gt; argyrite), dans les langues celtiques (gaulois argento-), en osque, etc. [...] Depuis le XIIe siècle, le mot s'emploie&amp;nbsp; en blason&amp;nbsp; il symbolise la blancheur et l'éclat.&lt;/i&gt;&quot;(5) La ville d'Argenton tient par ailleurs son nom de l'antique cité d'&lt;a href=&quot;http://www.argentomagus.com/&quot;&gt;&lt;b&gt;Argentomagus&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, important carrefour économique et politique à l'époque gallo-romaine dont nous pouvons admirer les vestiges, au nord,&amp;nbsp; sur le plateau des Mersans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plongeait-on dans la Creuse comme on longeait à Leucade ? Rien n'atteste d'un tel rite, mais en tout cas, il y a présence de falaises calcaires :&quot;&lt;i&gt;Assagie en amont d'Argenton, lorsqu'elle quitte des gorges encaissées, la Creuse s'étale ensuite dans les terrains argileux avant de franchir un goulet enserré entre deux coteaux calcaires.&lt;/i&gt;&quot; Sur le site du musée, on peut lire encore que &quot;&lt;i&gt;ce goulet, large seulement d'une centaine de mètres et franchi en oblique par la Creuse, était le passage obligé des animaux pour se rendre d'un pâturage à l'autre ou lors de leurs migrations.C'était là un excellent affût de chasse et dans ce piège naturel, rennes, bisons et chevaux devenaient des proies faciles.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est fort possible que le lent travail de reformulation des notes de ces quatre années passées me porte à revenir ici de temps à autre pour préciser et développer d'autres aspects de l'étude encore mal dégrossis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(1) Jean Richer, &lt;i&gt;Géographie sacrée du Monde Grec&lt;/i&gt;, Guy Trédaniel, 1983, p.37-38.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(2) Jean Richer, &lt;i&gt;Géographie sacrée du Monde Grec&lt;/i&gt;, Guy Trédaniel, 1983, p. 30.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(3) Jean Richer, &lt;i&gt;Delphes, Délos et Cumes&lt;/i&gt;, Julliard, 1970, p. 146.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(4) Jean Richer, &lt;i&gt;Delphes, Délos et Cumes&lt;/i&gt;, Julliard, 1970, p.209.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(5) &lt;i&gt;Dictionnaire Historique de la Langue Française&lt;/i&gt;, Robert, p. 107.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Equinoxe et Saint-Savin</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/20/equinoxe-et-saint-savin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Fri, 20 Mar 2009 13:37:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/1292750804.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/1985651779.jpg&quot; id=&quot;media-1648153&quot; alt=&quot;Gnomonique4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1648153&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;b&gt;Quand, vers le soir, ils remontaient, c'était la Gartempe qui semblait les quitter. Noire, plus fluide, luisante en son milieu, elle commençait son alliance avec la nuit et elle les écartait. L'âme du pays qu'ils avaient cru approcher se dispersait, devenait douteuse. Ils sentaient qu'ils abandonnaient le centre mystérieux du jour, de la saison, sans doute d'eux-mêmes. Mais ils savaient que demain, ils se retrouveraient dans la même aventure, inépuisable.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean Blanzat, &lt;i&gt;La Gartempe&lt;/i&gt;, Gallimard, 1957, p.69&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne finirai pas aujourd'hui &lt;b&gt;20 mars&lt;/b&gt;, jour d'&lt;a href=&quot;http://www.imcce.fr/page.php?nav=fr/actualites/archive.php?id=185&quot;&gt;équinoxe&lt;/a&gt;. J'en caressais la perspective. Il y a en effet exactement &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/03/20/et_c_est_ainsi_que_tout_a_comm.html&quot;&gt;quatre ans&lt;/a&gt; que l'aventure a commencé. Pour boucler cette boucle, d'équinoxe à équinoxe, j'avais même mis les bouchées doubles, bousculé largement mon rythme habituel, publiant plus souvent, et il s'en est fallu de peu, c'est vrai, pour que je sois présent à ce rendez-vous solennel. Mais il faut croire que le volontarisme en matière symbolique a ses limites. J'ai pris conscience ces derniers jours que je risquais fort de bâcler l'affaire, au moment même où, plus que jamais, il importe d'être mesuré et précis, au moment où l'analyse, approchant du terme, a besoin de ressaisir l'ensemble du parcours accompli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors oui, j'ai renoncé, et quand j'ai pris cette décision, j'en fus aussitôt soulagé, je pouvais à nouveau prendre le temps des digressions, des escapades au gré des rencontres iconiques et littéraires. Et ceci ne faisait que confirmer une sorte de loi tacite qui fut à l'oeuvre tout au long de ces années d'enquête, à savoir que rien ne vient de manière forcée : les découvertes adviennent mais ne proviennent pas d'un plan de prospection délibéré.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons l'exemple de &lt;b&gt;Saint-Savin&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Saint-Savin, qui prend place enfin dans le réseau arachnéen de la géographie sidérale. Placée en Bélier, elle ne se rattachait jusqu'à présent à aucun des alignements repérés, elle ne suscitait aucune figure, en un mot restait étrangère à ce déploiement signifiant qui irradiait tout autour d'elle. Et pourtant je concevais mal que cette &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Saint-Savin-sur-Gartempe&quot;&gt;abbatiale&lt;/a&gt;, unique au monde par l'ampleur et la richesse de ses peintures murales de l'époque romane, ne soit pas d'une façon ou d'une autre impliquée dans le système symbolique décelé autour d'elle. Cet isolement ne me semblait pas concevable, mais j'étais bien obligé de l'assumer et d'en prendre mon parti.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/1102543767.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/149329074.jpg&quot; id=&quot;media-1648144&quot; alt=&quot;800px-Saint-Savin_abbaye_(1).jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1648144&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;Abbaye de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Saint-Savin-sur-Gartempe&quot;&gt;Saint-Savin&lt;/a&gt;-sur-Gartempe&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a fallu ce travail sur la &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/02/01/de-la-brenne-comme-abime.html&quot;&gt;&lt;b&gt;Brenne&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; pour que l'abbatiale me soit désignée, comme par inadvertance. Une &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/08/le-triangle-de-pouligny.html&quot;&gt;diagonale prolongée&lt;/a&gt;, un &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/17/saint-maur-pigalle-et-galifront.html&quot;&gt;axe&lt;/a&gt; venant du nord-est. Cela est venu par surcroît, cela n'était absolument pas prémédité. Soyons sûrs maintenant que ce fragment exhumé en appelle d'autres, et qu'il faudrait étendre la riche analyse de Jérôme Baschet* sur la voûte peinte de Saint-Savin – où il développe les rapports «&amp;nbsp;multiformes et dynamiques&amp;nbsp;» entre le lieu sacré et son décor – à la relation de ce lieu à son environnement élargi, au «&amp;nbsp;pays&amp;nbsp;» qu'il polarise, aux autres lieux sacrés avec lesquels il dialogue. Cette dimension centrifuge, qui met à jour un maillage subtil et le plus souvent inaperçu de l'espace, est proprement celle de la géographie sacrée. Il n'est pas question pour l'heure de se plonger dans une telle recherche autour de Saint-Savin, mais c'est une piste d'exploration riche de promesses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cadre de cette étude, je me bornerai donc à revenir sur l'un des sites jalonnant un des deux axes convergeant sur Saint-Savin, à savoir le monument rupestre dit du &lt;b&gt;Saint-Fleuret&lt;/b&gt;, édifice funéraire gallo-romain unique en notre région.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_____________________________________________&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;* Jérôme Baschet, &lt;i&gt;L'iconographie médiévale&lt;/i&gt;, Folio-Histoire, Gallimard, 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 380px; right: 268px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 645px; right: 641px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 47px; right: 100px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 60px; right: 371px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>L'ombre et la lumière</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/25/l_ombre_et_la_lumiere.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Wed, 25 May 2005 01:05:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;strong&gt;Tilly&lt;/strong&gt;, non loin de Lignac, pratiquement sur l'alignement Nesmes-Château-Guillaume, était le siège d'une abbaye de l'ordre de Cîteaux, fondée en 1146 et nommée &lt;strong&gt;La Colombe&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un aspect essentiel du monde des symboles se révèle ici, le principe de &lt;strong&gt;bipolarité&lt;/strong&gt; qui veut que chaque symbole, comme l'explique Jean Chevalier dans son introduction au &lt;strong&gt;Dictionnaire des Symboles&lt;/strong&gt;, « &lt;em&gt;de quelque dominante qu'il relève, possède un double aspect, diurne et nocturne. Le monstre, par exemple, est un symbole nocturne en ce qu'il avale et dévore ; il devient diurne, en ce qu'il transforme et recrache un être nouveau ; gardien des temples et des jardins sacrés, il est à la fois obstacle et valeur, nocturne et diurne. (XXV)&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Colombe, découverte en Bélier à l'issue d'une assez longue traque, est, ne l'oublions pas, oiseau de Vénus, qui n'est autre que la planète maîtresse de Balance, le signe opposé. Avec Balance, à l'équinoxe d'automne, la nuit reprend le pas sur le jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette dualité est concrètement évoquée à travers un &lt;strong&gt;axe &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_carte-belier2.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Bélier-Balance&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; s'originant à Tilly et son Eglise Notre-Dame. Jalonné par le hameau du Colombier, l'église Saint-Pierre de Chaillac, le château de la Prune-au-Pot, l'église Saint-Saturnin de Ceaulmont, il rase après Neuvy un autre lieu-dit Le Colombier avant d'atteindre celui du Chassin, et les villages de Saint Chartier et Verneuil-sur-Igneraie (église Saint-Hilaire). Jeu de miroir avec cette simple chapelle du &lt;strong&gt;Haut-Verneuil&lt;/strong&gt; qui constitua notre premier témoin d'importance. &lt;strong&gt;Le Chassin&lt;/strong&gt;, lui, possédait un château-fort, aujourd'hui disparu. Son nom, en tout cas, est tiré de celui du chêne en gaulois, &lt;em&gt;cassanos&lt;/em&gt;. &lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_gui.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Or, c'est sur le chêne que se tiennent les colombes de l'&lt;em&gt;Enéide&lt;/em&gt;, c'est sur le chêne qu'est cueilli le &lt;a href=&quot;http://www.bmlisieux.com/litterature/moreau/guideche.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;gui&lt;/a&gt;, c'est-à-dire le rameau d'or. Jean Beaujeu note à propos de ces textes de l'Enéide « &lt;em&gt;que la mythologie du gui, très pauvre en Italie, était riche dans les pays celtiques et germaniques ; le gui passait pour  avoir une puissance magique : il permet d'ouvrir le monde souterrain, éloigne les démons, confère l'immortalité et, détail propre aux Latins, est inattaquable au feu. Tout se passe comme si Virgile avait adopté un thème de son pays natal (la plaine du Pô avait été occupée pendant plusieurs siècles par les Celtes), en lui donnant un caractère latin par la consécration à Proserpine.&lt;/em&gt; » (&lt;strong&gt;Dictionnaire des Symboles&lt;/strong&gt;, art. Rameau d'or, p.801).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme Enée, nous allons désormais pouvoir poursuivre notre périple en entrant, en ce qui nous concerne, dans le signe du &lt;strong&gt;Taureau&lt;/strong&gt;, signe de Terre, et précisément, selon les termes de l'astrologie traditionnelle, domicile nocturne de Vénus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En définitive, nous ne faisons ici que vérifier une forte intuition de Guy-René Doumayrou qui, enquêtant sur les régions mentionnées dans la légende de Mélusine, s'étonnait que les domaines de la fée, Marche et Poitou, soient désertes en images d'ombre : « &lt;em&gt;Peut-être, mais il faudrait pouvoir s'appuyer sur des témoins plus stables que des statuettes de bois ou même de pierre, une géographie de l'ombre et de la lumière, relative au culte de la Dame, existe-t-elle, reprenant une giration parallèle à celle de la roue toulousaine »&lt;/em&gt; (&lt;strong&gt;G.S&lt;/strong&gt;., pages 265-266).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle terre pouvait mieux constituer le moyeu d'une telle roue sinon le Bas-Berry, ouvert à l'ouest sur le Poitou et au sud sur la Marche ?
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<title>Et Mithra perça sous Jupiter</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/21/et_mithra_perca_sous_jupiter.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Sat, 21 May 2005 01:40:00 +0200</pubDate>
<description>
Les  sept sonneries toulousaines.  Elles « &lt;em&gt; prennent leur racine dans le martyre de saint Saturnin en 250. C'est un véritable tableau de ces instants : les quatre cloches au pied pour les pattes du taureau, les deux petites à la main pour les cris de la foule haranguant la bête.&lt;/em&gt; » J'ai bien compté, quatre plus deux font six. Manque une cloche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a pas que cela qui cloche, si je puis dire,  dans la légende de &lt;strong&gt;Saint Sernin&lt;/strong&gt;. J'ai réalisé peu de temps après la rédaction de l'&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/18/le_taureau_de_saint_sernin.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;article &lt;/a&gt; que ce qui me chagrinait c'était cette histoire de sacrifice du taureau à Jupiter. Certes, dans la  mythologie du dieu, le taureau a une belle importance (le mythe d'&lt;a href=&quot;http://www.jura.ch/lcp/cours/mytho/europe.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Europe&lt;/a&gt; en est l'exemple sans doute le plus fameux ), mais il ne semble pas qu'on lui sacrifiait spécialement l'animal, surtout à cette époque de l'Antiquité tardive. En  tout cas, une recherche sur le web s'est avéré infructueuse sous ce rapport. En revanche, un nom revient alors avec insistance, associé de manière quasi systématique avec le sacrifice du taureau, le nom d'un autre dieu, oriental celui-là : &lt;a href=&quot;http://www.cosmovisions.com/$Mithra.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Mithra&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_mithra.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_mithra.jpg&quot; alt=&quot;medium_mithra.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu indo-iranien de la lumière, veillant sur la justice, les serments et les contrats, il est introduit en Italie, avec son cortège de rituels d'initiations,  par les pirates ciliciens capturés par Pompée en 67 avant J.C. . Religion à mystères réservée aux hommes, le mithraïsme atteindra son apogée au IIIème siècle. « &lt;em&gt;Il faillit devenir la religion officielle de l'Empire&lt;/em&gt;, explique Robert Turcan (&lt;strong&gt;Encyclopaedia Universalis&lt;/strong&gt;, 12, p. 365) &lt;em&gt;lorsque Aurélien voulut réunifier la conscience religieuse du monde romain autour d'un culte solaire, celui de Sol inuictus, puis quand les tétrarques Dioclétien, Galère et Licinius invoquèrent Mithra comme le&lt;/em&gt; Fautor &lt;em&gt; c'est à dire le garant de leur pouvoir &lt;/em&gt;(Corpus inscriptionum latinarum, III,413). &lt;em&gt;D'où le mot de Renan&lt;/em&gt; &quot;Si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaste.&quot; &lt;em&gt;Julien l'Apostat (361-363) essaya tardivement de substituer le culte de Mithra au christianisme devenu religion officielle. Malgré les dévotions de l'empereur Julien et des sénateurs païens, le culte persique sombra dans l'indifférence et l'oubli, vers le IVe siècle de notre ère, faute d'avoir pénétré massivement dans les couches populaires de la campagne et des villes &lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi Jupiter aurait-il recouvert à Toulouse le souvenir  de Mithra ? Oubli ou volonté d'occultation ? L'association de Jupiter au Capitole est irréfutable (on l'appelait d'ailleurs parfois Jupiter Capitolin) et il est le membre le plus éminent de la triade capitolienne Jupiter-Junon-Minerve, gardienne de  l'intégrité de la ville. Maintenant, il faut savoir qu'à Rome, le temple de Mithra, le &lt;em&gt;mithraeum&lt;/em&gt;, était creusé sous le mont Capitolin, que Jupiter avait en commun  avec Mithra d'être garant des  serments et qu'on les trouve figurés côte à côte sur de nombreuses &lt;a href=&quot; http://www.osti.org/mithra_steles.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;stèles&lt;/a&gt;( Metz, Table de Heddernheim).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_mithra_heddernheim.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_mithra_heddernheim.jpg&quot; alt=&quot;medium_mithra_heddernheim.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut savoir aussi que le nombre &lt;strong&gt;sept&lt;/strong&gt; est central dans le culte de Mithra. Robert Turcan : &lt;br /&gt;&lt;em&gt;« L'initiation mithriaque comportait sept grades correspondant chacun à un astre : le Corbeau (&lt;em&gt;cryphius&lt;/em&gt;), protégé par Mercure; l'Époux (&lt;em&gt;nymphus&lt;/em&gt;), par Vénus; le Soldat (&lt;em&gt;miles&lt;/em&gt;), par Mars; le Lion, par Jupiter; le Perse, par la Lune; le Courrier d'Hélios (&lt;em&gt;heliodromus&lt;/em&gt;), par le Soleil; le Père (&lt;em&gt;pater sacrorum&lt;/em&gt;), par Saturne. »&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; Ce dernier élément me semble révélateur : le plus haut degré d'initiation, le Père, qui consacrait l'homme veillant sur toute la communauté, est corrélé à Saturne. Le nom précisément de Sernin, alias Saturnin. Coïncidence, là encore ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rappelons encore qu'ils sont sept à partir évangéliser sur commande du pape. Un autre est  &lt;strong&gt;Martial&lt;/strong&gt; qui pourrait bien correspondre au troisième grade (ceux qui y accédaient étaient consacrés par une sorte de baptême et sans doute marqués au fer rouge...). &lt;br /&gt;La légende de saint Sernin opère en réalité un retournement par rapport au mythe du taureau de Mithra :  dans la première, l'évêque martyr est attaché aux pieds de la bête furieuse, tandis que dans le second c'est Mithra qui, après l' avoir garrotté,  traîne le bovidé par les pattes de derrière jusqu'à la caverne où il procède à la mise  à mort.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La géographie sidérale n'est pas oubliée dans ce drame où l'enjeu est cosmique : un zodiaque est souvent figuré au-dessus de la tauroctonie. L'attention aux grands rendez-vous astronomiques est d'ailleurs remarquable : célébrations des solstices et des équinoxes, orientation des  mithraea pour que  le soleil levant à l'équinoxe de printemps illumine la figure de Mithra, fête du 25 décembre comme l'anniversaire du Soleil (&lt;em&gt;natalis Solis inuicti&lt;/em&gt;, d'où dérive notre Noël) et de Mithra pétrogène (né de la pierre).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La légende de Sernin lui donne même, dans l'une de ses versions, une origine orientale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n' est jusqu'au  passage  de l'ensevelissement du corps du martyr par les saintes Puelles dans une fosse profonde qui ne fasse penser aux &lt;a href=&quot;http://www.cosmovisions.com/$Taurobolies.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Taurobolies&lt;/a&gt;, où l'on égorgeait un taureau au-dessus d'une fosse, couverte d'un plancher à claire-voie. Le fidèle qui y descendait  ressortait visqueux mais régénéré de l' aspersion sanglante. Les saintes Puelles auraient-elles contre toute attente quelque chose à voir avec la terrible Mère des Dieux, la &lt;strong&gt;Cybèle &lt;/strong&gt;de phrygienne origine, à laquelle  ce rite était le plus souvent destiné ?
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<title>Le taureau de Saint Sernin</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/18/le_taureau_de_saint_sernin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Wed, 18 May 2005 01:35:00 +0200</pubDate>
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Sous la conduite de &lt;strong&gt;Brennus&lt;/strong&gt;, Les Gaulois Volques pillent Delphes  et en ramènent un  trésor  qu'ils abandonnent dans les marécages de la Garonne parce qu'il leur aurait porté malheur. Guy-René Doumayrou rapporte que Jean Markale, dans son étude sur &lt;em&gt;les Celtes&lt;/em&gt; (page 119), « &lt;em&gt;constate que rien n'atteste la réalité historique de cette équipée et que &lt;/em&gt;l'or de Delphes &lt;em&gt;pourrait fort bien avoir été de nature spirituelle, plutôt que grossièrement métallique. Autrement dit, la légende ne ferait que porter  témoignage, par le truchement tout à fait traditionnel du récit allégorique, d'une transmission initiatique de la puissance oraculaire, de l'omphalos héllène à l'omphalos occitan. Nombre de légendes de cette sorte, prises à la lettre par l'érudition moderne refusant &lt;/em&gt;a priori &lt;em&gt;(ce qui ne relève pas d'une attitude proprement scientifique) l'interprétation symbolique qui était pourtant jadis la règle, ont conduit à l'élaboration d'une histoire rendant certainement très mal compte des réalités passées.&lt;/em&gt; » (&lt;strong&gt;G.S&lt;/strong&gt;., p. 51)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un semblable souci de transmission de centre à centre ne se cache-t-il pas dans le tropisme toulousain de Guillaume d'Aquitaine et Robert d'Arbrissel ?  Pourquoi modifier les prérogatives de Saint-Sernin, le lieu le plus sacré de la ville, comme en témoigne encore une inscription à l'entrée de la crypte : &lt;em&gt;Non est in toto sanctior orbe locus&lt;/em&gt;, il n'est pas au monde de lieu plus saint ? Pourquoi créer un prieuré au nord de Toulouse, tout comme Saint-Sernin est au nord de Toulouse et Saint-Denis au nord de Paris ? Il est vrai ici que l'équipée militaire n'est pas une légende, mais encore une fois, sous les enjeux apparents de pouvoir, se dissimulent  peut-être d' authentiques motifs d'ordre spirituel. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_gnomon4.2.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Pour le comprendre, il n'est pas inutile de se pencher sur une autre histoire au parfum de légende, la &lt;strong&gt;Passio&lt;/strong&gt; précisément de Saint Sernin, (dérivation occitane populaire de Saint Saturnin), rédigée au Vème siècle.  Envoyé en Gaule par le Pape avec six autres évêques (dont &lt;strong&gt;saint Martial&lt;/strong&gt;, premier évêque de Limoges), il aurait évangélisé Pampelune puis Toulouse. En 250, sous Dèce, les prêtres du Capitole (alors consacré à Jupiter) l'accusent de rendre muet par sa présence l'oracle du temple et le somment dès lors  de sacrifier le taureau rituel. Refus catégorique de Saturnin qui lui vaut  d'être attaché par les pieds à la queue de l'animal furieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pris d'une rage folle,  le taureau dévale les marches de l'escalier du Capitole. Saturnin, le cou brisé, est traîné le long du cardo romain (la rue saint-Rome) avant d'être abandonné, une fois passé la porte Nord, en dehors donc des remparts de  la ville, sur la route de Cahors, à l'emplacement de l'actuelle &lt;strong&gt;rue du Taur &lt;/strong&gt;(pour taureau). Recueilli par deux jeunes femmes (les saintes Puelles), son corps sans vie est enterré dans un fossé  profond. Le taureau, lui, est  achevé un peu plus loin, au lieu nommé depuis &lt;em&gt;Matabiau&lt;/em&gt; (de matar = tuer et biau = bœuf), où se trouve la gare actuelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est un autre Hilaire, contemporain de &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/10/hilaire_et_les_hilaria.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Hilaire&lt;/a&gt; de Poitiers dont j'ai déjà parlé, évêque de Toulouse au quatrième siècle (358-360), qui fait construire une petite église en bois sur la tombe du martyr. Cet oratoire devient rapidement un important lieu de pèlerinage, si bien qu'à la fin du IVe siècle, devant l'afflux des fidèles, l'évêque &lt;strong&gt;saint Sylve&lt;/strong&gt; (360-400) décide de construire un édifice plus grand, achevé en 402 sous l'épiscopat de &lt;strong&gt;saint Exupère&lt;/strong&gt; , lequel organise le transfert des reliques du premier martyr toulousain dans la nouvelle basilique et fait rédiger  les actes officiels du martyre (connus donc sous le nom de &lt;em&gt;Passio antiqua&lt;/em&gt;). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est qu'au début du IXe siècle que  se constitue à Saint-Sernin une communauté de chanoines réguliers. Et, en 1080, commence la construction de la basilique romane actuelle. Le 24 mai 1096, le pape &lt;strong&gt;Urbain II&lt;/strong&gt;, venu demander au comte Raymond de conduire la première croisade, consacre l'autel et la basilique. Or, la même année, lors de son séjour à Angers, Urbain II avait  fait prêcher Robert d'Arbrissel en sa présence et lui avait donné plein pouvoir d'annoncer en tous lieux la parole divine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_martyresaintsaturnin.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_martyresaintsaturnin.jpg&quot; alt=&quot;medium_martyresaintsaturnin.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Une grande partie de ce que je retrace ici, je l'ai trouvé sur le très riche site de l'&lt;a href=&quot;http://neep.free.fr&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Ecole occitane de carillon&lt;/a&gt;, qui  traite entre autres des  &lt;strong&gt;sept sonneries toulousaines&lt;/strong&gt;. Elles « &lt;em&gt; prennent leur racine dans le martyre de saint Saturnin en 250. C'est un véritable tableau de ces instants : les quatre cloches au pied pour les pattes du taureau, les deux petites à la main pour les cris de la foule haranguant la bête. Dès lors, les premiers chrétiens ont voulu perpétuer le souvenir de leur premier évêque par ces rythmes qui se sont transférés après le VIIe siècle aux cloches, nous permettant aujourd'hui de jouer cette partition vieille de plus de 1750 ans. Peut-être la plus vieille partition au monde ?&lt;br /&gt;Au nombre de sept, elles se nomment :&lt;br /&gt;Simple, Marche, Double majeur (ou double de marche), Plan, Roulements, Taur simple (ou Petit Taur) et Grand Taur.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui me frappe, c'est qu'on peut trouver entre la Passio de Sernin et le pélerinage de &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/12/visite_a_jovard.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Jovard&lt;/a&gt; au moins quatre grands points communs :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- la récurrence du nombre &lt;strong&gt;sept  &lt;/strong&gt;: les sept apôtres évangélisateurs envoyés par le Pape dont fait partie Sernin, mais aussi Martial, dont Mauvières et Ruffec relèvent dans la Roue du nemeton belâbrais ; les sept sonneries ; les sept stations de Notre-Dame-de-Jovard. Mais, dira-t-on justement, sept est un nombre tellement fréquent en symbolisme qu'on ne saurait s'étonner outre mesure d'une telle coïncidence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- la récurrence de &lt;strong&gt;Jupiter &lt;/strong&gt;est déjà plus surprenante : on a vu que Jovard dérivait de &lt;em&gt;Jovis &lt;/em&gt;(Jupiter), et Sernin est accusé de troubler l'oracle de ce dieu auquel l'empereur rendait un culte officiel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- la récurrence du &lt;strong&gt;taureau &lt;/strong&gt;mis à mort : au nord de la Forêt de la Luzeraize, se trouve un étang dit du &lt;em&gt;Boeuf Mort&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- la récurrence de l'&lt;strong&gt;épine &lt;/strong&gt;: le prieuré de Lespinasse fondé au nord de Toulouse ; le prieuré de l'Epeau ; le château et l'étang de l'Epineau au nord de la Roue du nemeton ; et enfin notons qu'en 1251, Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis, offrit une  Epine de la couronne du Christ aux chanoines de Saint-Sernin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; 
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<title>Guillaume et Robert</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/16/guillaume_et_robert.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Mon, 16 May 2005 00:50:00 +0200</pubDate>
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Plus j'avance dans cette étude sur Villesalem, plus je suis captivé par l'étrange figure de &lt;a href=&quot; http://www.abbaye-fontevraud.com/index_m.php?id=6&amp;r=1&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Robert&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://perso.wanadoo.fr/pennker/saints/sroparz.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;d'Arbrissel&lt;/a&gt;. Je ne vais pas ici donner sa &lt;a href=&quot;http://lettrevolee.irht.cnrs.fr/vol.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;biographie&lt;/a&gt; (il suffit de cliquer sur les liens pour ceux que ça intéresse), mais je voudrais revenir sur la nature des lieux qu'il a fondés. &lt;strong&gt;Fontevraud&lt;/strong&gt;, tout d'abord. Il ne faudrait pas croire que ce site fut choisi un peu au hasard de ses pérégrinations inlassables, parce que brusquement le concile de Poitiers, en 1100, l'a sommé de fixer sa troupe errante où  - péché majeur aux yeux des légats du pape -  se mêlent les hommes et les femmes. Il est patent que le choix du site est mûrement réfléchi : ce « désert » où il s'est retiré, ce « lieu inculte et âpre, plein d'épines et de buissons », ce vallon isolé de Fontevraud n' est rien moins qu'à la croisée de trois provinces, à la limite de l'évêché d'Angers et de l'archevêché de Tours, à l'extrême pointe septentrionale du diocèse de Poitiers. Offert par le seigneur Gauthier de Monsoreau, dont la fille a rejoint la communauté, il est aussi à une lieue de &lt;strong&gt;Candes Saint-Martin&lt;/strong&gt;, au confluent de la Loire et de la Vienne,  où le célèbre saint a rendu l'âme à Dieu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_fontevraud.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_fontevraud.jpg&quot; alt=&quot;medium_fontevraud.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le choix de Villesalem relève d'un même souci stratégique : il s'agit là aussi d'un vallon isolé, avec présence d'une source (à Villesalem, elle est même à l'intérieur de l'église), et sa localisation là encore dans le diocèse de Poitiers coïncide avec une grande proximité  avec les diocèses de Bourges et de Limoges. De même, sur un plan autre que religieux, c'est sa situation au carrefour de trois provinces qui vaut au  hameau des &lt;a href=&quot;http://etudesrurales.revues.org/document757.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Hérolles&lt;/a&gt;, à quinze kilomètres à vol d'oiseau de Villesalem,  d'accueillir une des plus grandes foires de la région (foire aux Béliers, qui plus est...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_villesalem-carte.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_villesalem-carte.jpg&quot; alt=&quot;medium_villesalem-carte.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Villesalem &lt;/strong&gt;(non indiqué sur cette &lt;a href=&quot;http://www.the-ben.com/cassini/diocese/diocese.php&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;carte des diocèses&lt;/a&gt; du 18ème)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et qui fait la loi en ce temps-là sur le Poitou ? Une vieille connaissance, le redouté &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/04/24/du_belin_au_troubadour.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Guillaume d'Aquitaine&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, troubadour et baroudeur. Je n'avais pas fait le rapprochement, malgré les dates communes (Château-Guillaume édifié entre 1087 et 1112, par exemple). C'est en tombant sur le site de &lt;a href=&quot;http://catherine.briand.club.fr/histoire.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Marc Briand&lt;/a&gt; que j'ai appris  que Guillaume s'était emparé à deux reprises  de Toulouse accompagné chaque fois par Robert d'Arbrissel. « &lt;em&gt;Deux documents l’attestent, l’un en Juillet 1098 qui modifie les prérogatives de Saint-Sernin et le second, en 1114, concernant la fondation du prieuré de Lespinasse, au nord de Toulouse, tout de suite rattaché à Fontevrault.&lt;/em&gt; » Leurs signatures voisineraient sur plusieurs actes. « &lt;em&gt;D’autres ont établi une corrélation entre Fontevrault et l’Amour courtois qui prend son essor à la même époque ; la place faite aux femmes par Robert d’Arbrissel qui voulait que l’abbesse ait aussi autorité sur les moines de l’ordre aurait eu une influence sur une littérature qui exalte la femme et son rôle dans la «fin’amor». Un lien de cause à effet est difficile à établir : que les différentes facettes d’une époque trouvent un style n’est pas extraordinaire.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette alliance entre  deux trublions de l'époque laisse rêveur : poésie et géographie symbolique, architecture et politique, mythes et réalité se mêlent de façon inextricable, comme dans un buisson d'épines de ces déserts aimés du breton. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le site de la ville de &lt;a href=&quot;http://self.citaenet.com/TempSite/3704.asp?rang=&amp;Info=&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Lespinasse&lt;/a&gt;, je vérifie qu'en effet Robert d’Arbrissel reçut la forêt dite d’Espèse - qui s’étendait avec ses garrigues entre l’Hers et la Garonne - de &lt;strong&gt;Philippa&lt;/strong&gt;, fille de Guillaume IV, Comte de Toulouse, et épouse en seconde noces de Guillaume IX Duc d’Aquitaine. On ajoute qu' elle prit le voile à Fontevraud et devint abbesse. Il faut se souvenir qu'elle fut répudiée par Guillaume au profit de la « Maubergeonne ». Autre exemple de l'accord bien senti entre Guillaume et Robert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; 
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<title>Geminae columbae</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/14/geminae_columbae.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Sat, 14 May 2005 00:25:00 +0200</pubDate>
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Sur la façade ouest de l'église de &lt;strong&gt;Villesalem&lt;/strong&gt;, à la voussure supérieure d'une fenêtre aveugle, des mains humaines tiennent des branches feuillues.&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_villesalem-mains.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_villesalem-mains.jpg&quot; alt=&quot;medium_villesalem-mains.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; La rareté de cette composition nous interloque : mais ne s'agit-il pas tout simplement d'une figuration des &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cosmovisions.com/$Rameaux.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Rameaux&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;? Cette fête chrétienne commémore l'entrée triomphale à Jérusalem de Jésus monté sur une ânesse, ses disciples l'accueillant avec des rameaux de palmier. « &lt;em&gt;C'était une tradition orientale&lt;/em&gt;, déclare le &lt;strong&gt;Dictionnaire des Symboles&lt;/strong&gt; (p. 800),  &lt;em&gt;d'acclamer les héros et les grands en brandissant des rameaux verts, qui symbolisent l'immortalité de leur gloire.&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Rameaux se célèbrent le dimanche qui précède &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cosmovisions.com/$Paque.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Pâques&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dont la date est fixée au premier dimanche suivant la pleine lune de l'équinoxe de printemps, donc entre le 21 mars et le 25 avril (35 jours que l'on appelle les journées pascales). Ce qui place la fête pratiquement toujours dans le signe du Bélier. On ne fait plus guère attention de nos jours à cette subordination du temps humain à la temporalité cosmique, à cette double détermination luni-solaire, pourtant nous continuons tous de fonctionner, croyants, laïcs et mécréants dans ce cadre multi-millénaire – et il n'est même aucun rationaliste farouche pour proposer de le modifier (la seule tentative en ce sens, celle du calendrier révolutionnaire, a fait long feu et, encore une fois, personne ne s'aviserait aujourd'hui d'y faire retour).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec les Rameaux, c'est toujours la thématique du triomphe qui est exaltée, comme le souligne la prière de bénédiction des Rameaux :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt; Bénissez, Seigneur, ces rameaux de palmier ou d'olivier, et donnez à votre peuple la parfaite piété qui achèvera en nos âmes les gestes corporels par lesquels nous vous honorons aujourd'hui. Accordez-nous la grâce de triompher de l' ennemi et d'aimer ardemment l'oeuvre de salut qu'accomplit votre miséricorde.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;La victoire célébrée ici&lt;/em&gt;, précise encore &lt;strong&gt;Le Dictionnaire des Symboles&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;est toute intérieure, c'est elle qui est remportée sur le péché, qui s'accomplit par l'amour et qui assure le salut éternel : c'est la victoire définitive et sans appel. Le symbolisme du rameau atteint à la plénitude de son sens.&lt;br /&gt;Il était déjà préfiguré dans le rameau d'olivier que la colombe apporta dans son bec, pour annoncer la fin du déluge &lt;/em&gt;: La colombe revint vers Noé sur le soir et voici qu'elle avait dans son bec un rameau tout frais d'olivier. (Genèse, 8, 11). &lt;em&gt;C'était un message de pardon, de paix recouvrée et de salut. Le rameau vert symbolisait la victoire de la vie et de l'amour.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_villesalem2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_villesalem2.jpg&quot; alt=&quot;medium_villesalem2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Villesalem est précisément, de par son nom, le village (&lt;em&gt;ville&lt;/em&gt;) de la paix (&lt;em&gt;salem&lt;/em&gt;). Et justement, sur la même façade ouest, on rencontre la colombe, dédoublée, buvant dans un calice - une des plus belles sculptures de l'édifice. Celui-ci est le réservoir de vie, la source éternelle d'énergie divine. Un autre récit antique, l'&lt;strong&gt;Enéide&lt;/strong&gt; de Virgile, associe les deux colombes, &lt;em&gt;geminae columbae&lt;/em&gt;, et le rameau, sous la forme du rameau d'or qui n'est autre que la branche de gui, dont les feuilles vert pâle se dorent à la saison nouvelle :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Un rameau, dont la souple baguette et les feuilles d'or, se cache dans un arbre touffu, consacré à la Junon infernale. Tout un bosquet de bois le protège, et l'obscur vallon l'enveloppe de son ombre. Mais il est impossible de pénétrer sous les profondeurs de la terre avant d'avoir détaché de l'arbre la branche au feuillage d'or... Enée, guidé par deux colombes, se met à la recherche de l'arbre au rameau d'or dans les grands bois et soudain le découvre dans les gorges profondes. &lt;/em&gt;» (&lt;strong&gt;Eneide&lt;/strong&gt;, chant VI, traduction d'André Bellessort )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_enee-colombes.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Giuseppe Gambarini&lt;/strong&gt; (Bologne, 1680 - 1720) &lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Énée détachant le rameau d'or &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nanti de ce rameau d'or (homologue, en vérité, à la toison d'or, elle aussi cachée dans un bois), Enée pourra visiter les Enfers. Yves-Albert Dauge, pratiquant, selon ses propres termes, la &lt;em&gt;polyexégèse&lt;/em&gt; de ce passage, écrit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Chacun d'entre nous, méditant sur le récit virgilien et en saisissant la signification universelle, rencontrera à son tour, dans l' « intermonde » de son propre itinéraire, les deux colombes et les suivra jusqu'à l'Arbre de Vie, pour se relier, lui aussi, au circuit des Energies créatrices, et avancer sur la voie de la métamorphose. Car un symbole correctement compris dans sa multiple unité&lt;/em&gt; devient à jamais vivant &lt;em&gt;pour celui qui l'a déchiffré, comme la substance même de son esprit et la source même de sa ferveur.&lt;/em&gt; » (&lt;strong&gt;Virgile, Maître de Sagesse&lt;/strong&gt;, Archê, 1984, p. 224).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_villesalem5.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_villesalem5.jpg&quot; alt=&quot;medium_villesalem5.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;L'arbre de vie&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est clairement désigner l'enjeu de la géographie sacrée. Elle n'est pas un jeu superflu et gratuit, une ornementation dans le paysage, une création sans but. Dès le principe, elle est investie d'une mission essentielle : amener l'homme sur la voie de la transformation, lui en indiquer les stations et lui en proposer les énigmes. L'aventure zodiacale est analogue au voyage des Argonautes, à la quête d'Enée, au chemin de Saint-Jacques. La leçon de Villesalem, c'est l'apprentissage d'un nouveau regard sur le monde, l'invite à marcher vers la lumière. &lt;br /&gt;«&lt;em&gt;La gloire des yeux&lt;/em&gt;, dit Saint Grégoire de Nysse,&lt;em&gt; c'est d'être les yeux de la colombe&lt;/em&gt;. »
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<title>Robert d'Arbrissel à Villesalem</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/13/robert_d_arbrissel_a_villesalem.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Fri, 13 May 2005 00:05:00 +0200</pubDate>
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Aliénor d'Aquitaine mourut à  80 ans passés à l'abbaye de &lt;a href=&quot;http://www.art-roman.net/fontevrault/fontevrault.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Fontevrault&lt;/a&gt;. Celle-ci avait la particularité de réunir  deux communautés d'hommes et une communauté de femmes, l'ensemble étant placé  sous l'autorité d'une abbesse. C'était la coutume instaurée par le fondateur de l'Ordre, le bénédictin &lt;strong&gt;Robert d'Arbrissel&lt;/strong&gt;. «&lt;em&gt; Avec la recherche du symbolisme évangélique, commune à la plupart de ses contemporains, il vit surtout dans les femmes le sexe auquel appartenait la Vierge Marie. Voulant l'honorer en elles, il leur donna la supériorité sur les religieux ; la soumission des moines à l'abbesse devait rappeler celle que les apôtres témoignaient à Notre-Dame.&lt;/em&gt; »(Dom Beaunier, « &lt;em&gt;Recueil historique des archevêchés, évêchés, abbayes et prieurés de France &lt;/em&gt;», 1906).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_ext-villesalem2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_ext-villesalem2.jpg&quot; alt=&quot;medium_ext-villesalem2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Prieuré de Villesalem&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  Robert d'Arbrissel fonda également nombre de prieurés dont celui de &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://romanesque.icsl.ne.jp/mora/dsp03b.asp?country=108&amp;area=64&amp;city=362#02080200000944.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Villesalem&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans le secteur qui nous occupe, à partir d'un mas qu'on lui avait cédé en 1089. Située pratiquement à mi-chemin de Liglet et de Béthines, &lt;a href=&quot;http://homepage.mac.com/joel.jalladeau/roman/page12.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Villesalem&lt;/a&gt; balise avec  &lt;strong&gt;Nesmes, Haims, Chapelle-Viviers, Cubord&lt;/strong&gt; (chapelle priorale), &lt;strong&gt;La Chapelle-Morthemer et La Villedieu-du-Clain le grand axe de Lumière Lusignan-Luzeret. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_carte-belier1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_carte-belier1.jpg&quot; alt=&quot;medium_carte-belier1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tangentiel à la Roue du Nemeton belâbrais et perpendiculaire à l'axe Nesmes-Château-Guillaume, il exprime l'élan chevaleresque vers l'Orient lumineux, où le Christ avait souffert sa Passion. Car Villesalem, Morthemer, c'est évidemment faire référence à la Terre Sainte, à Jérusalem et à la Mer Morte. &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_de_Lusignan&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Guy de Lusignan&lt;/a&gt; n'a-t-il pas été brièvement roi de Jérusalem ? A la mort de Baudoin V, il hérita du  trône grâce à son mariage avec Sybille, la soeur du roi, avant que son incompétence politique provoque le désastre de Hattin face à Saladin en 1187 et la reprise de Jérusalem par ce dernier. Il devint roi de Chypre en 1192. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le personnage est évoqué avec toute cette période dans le film récent de Ridley Scott, &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://allocine.msn.fr/film/casting_gen_cfilm=54205.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Kingdom&lt;/a&gt; of &lt;a href=&quot;http://www.webdocine.ch/index.asp?urlMain=http%3A//www.webdocine.ch/critique_view.asp%3FID_critique%3D3898%26ID_CINEMA%3D4719&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Heaven&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (que je n'ai pas encore vu) et qui est, semble-t-il, diversement apprécié.
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<title>Visite à Jovard</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/12/visite_a_jovard.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Bélier</category>
<pubDate>Thu, 12 May 2005 00:40:00 +0200</pubDate>
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Je suis allé à &lt;strong&gt;Jovard&lt;/strong&gt;. Après un samedi de grisaille, c'était un bonheur que de rouler dans la lumière de la campagne bélâbraise. La chapelle, de belles dimensions, semblait nous attendre paisiblement dans son carroir fleuri. Le ruisseau en contrebas se glissait entre les feuillages, dans la lenteur des prairies piquetées &lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_2005_0508image0011.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;d'or. Et, contrairement à &lt;strong&gt;Nesmes &lt;/strong&gt;et à &lt;strong&gt;Saint-Hilaire&lt;/strong&gt;, le portail était ouvert et nous pûmes à  loisir goûter la paix de l'édifice. Un petit historique dans le narthex confirmait les notes que j'avais retrouvées voici quelques  jours sur le pélerinage de Jovard, issues de la lecture d'un autre précieux volume du &lt;em&gt;Florilège de l'eau en Berry&lt;/em&gt;, de Jean-Louis Desplaces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon la légende, les moines du prieuré voisin de l'&lt;strong&gt;Epeau&lt;/strong&gt;, jaloux de la statue de la Vierge à l'Enfant possédée par le prieuré de Jovard, auraient soudoyé un malfaiteur pour qu'il la vole.&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_2005_0508image0017.2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.7em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;Le malandrin,  surpris en flagrant délit par la colère divine, aurait été foudroyé à la limite des deux prieurés, au lieu-dit &lt;strong&gt;le Magnoux&lt;/strong&gt;. Une source jaillit alors à cet endroit, d'où la statue s'échappa des bras de son ravisseur.&lt;br /&gt;Selon une autre tradition, ce serait là que la Vierge se serait arrêtée la troisième fois. En tout état de cause, elle serait retournée seule à la chapelle de Jovard après s'être reposée &lt;strong&gt;sept &lt;/strong&gt;fois. Chacune des haltes est marquée par une croix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pélerinage reprend cet itinéraire avec ses sept stations. Mgr Villepelet (cité par J.L. Desplaces): &lt;em&gt;« Parfois, avant le lever du soleil, des pélerins avaient déjà fait leur « voyage », c'est-à-dire leurs visites aux sept croix du chemin de la Bonne Dame. » &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'agit maintenant de voir ce que peut recouvrer cette légende du vol de la statue. Examinons les sites concernés sur une carte plus précise que celles dont je me suis servi jusqu'ici : la carte IGN au 1/25 000 de Bélâbre (c'est toujours pour moi une plongée merveilleuse que la découverte d'une nouvelle carte : des lieux nouveaux  apparaissent comme par enchantement, des noms, des chemins, des accidents du paysage imprévus  qui ouvrent un nouvel horizon, de nouvelles pistes d'interprétation).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a plus trace du prieuré de l'Epeau qui relevait de l'abbaye de Grandmont en Limousin puis de celle de Puychevrier en Berry : un lieu-dit garde le nom. L'alignement avec Jovard passe par un autre minuscule lieu-dit, une seule habitation nommée curieusement &lt;strong&gt;Salomon&lt;/strong&gt;. Or, elle est non seulement équidistante des deux sites mais elle se situe exactement sur l'axe Luzeret-Béthines.&lt;br /&gt;Quant au Magnoux, sa position détermine un triangle rectangle Epeau-Magnoux-Jovard.&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_jovard-carte2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_jovard-carte2.jpg&quot; alt=&quot;medium_jovard-carte2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je repense alors au dernier commentaire de LKL sur l'extrait de Ph. Jaccottet :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;«&lt;em&gt; Pendant plus de 6000 ans le carré barlong a chanté le sacré sur la surface du monde, bien avant le mètre étalon, de l'Egypte, à la Chine jusqu'a Stonehenge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis que certains &quot;modernes&quot; ont (volontairement) ouvert la colonne du Temple de Salomon et rejeté la coudée, qui se soucie du sens secret de la mesure, de son symbole et de la musique des racines et des nombres?&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore une fois, il rencontre de façon prémonitoire l'objet de mon enquête...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Salomon est le centre du cercle passant par Jovard, le Magnoux et l'Epeau. Une nouvelle Roue se laisse donc percevoir, dont on remarquera qu'elle s'inscrit harmonieusement dans la courbe même que décrit  la rivière &lt;strong&gt;Anglin&lt;/strong&gt;, entre La Forge et Bélâbre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_carte-jovard3.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/images/medium_carte-jovard3.jpg&quot; alt=&quot;medium_carte-jovard3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'autres questions se posent : l'Epeau ne cacherait-il pas l'&lt;strong&gt;Epona &lt;/strong&gt;celtique ? L'axe Epeau-Jovard conduit en tout cas à la Gastevine puis à &lt;em&gt;Bois Pictaveau&lt;/em&gt;, qui rappelle les &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/04/14/melusine_alienor_et_epona.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Pictons&lt;/a&gt; (ou Pictaves) gaulois, dont on a vu  les liens avec la déesse aux chevaux. &lt;br /&gt;Que signifie la présence de ce hameau dit &lt;em&gt;Carthage&lt;/em&gt;, à la sortie du chemin de l'Epeau ?&lt;br /&gt;Il me faudrait également relever le circuit exact des sept croix (deux seulement sont signalées sur la carte). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudra revenir à Jovard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
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