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<title>Fragments de géographie sacrée - poissons</title>
<description>Fragments de géographie sacrée</description>
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<title>Puychevrier et les Grandmontains</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 00:14:12 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Ces derniers temps, j'ai plus arpenté les livres que les paysages, cependant je n'oublie pas ceux-ci, et quand l'occasion est donnée de pousser plus avant la connaissance&amp;nbsp; de quelque site, j'essaie de la saisir aux cheveux... La dernière journée du patrimoine, au mois de septembre, m'a ainsi permis de découvrir un merveilleux endroit qui n'existait encore pour moi que comme un nom anodin sur la carte : il s'agissait du prieuré de &lt;b&gt;Puychevrier&lt;/b&gt;, à 12 kilomètres environ du Blanc, entre Ingrandes et Mérigny, sur la rive gauche de l'Anglin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personne ne m'ayant vanté les mérites du site, n'ayant jamais rien lu sur lui, je m'y suis rendu sans plus de conviction, presque résigné à me contenter des vestiges d'un couvent peut-être transformé en grange, sollicitant plus l'imagination du promeneur que l'observation attentive. Je me trompais : dès l'abord du hameau, je fus heureusement surpris de la vaste place herbeuse qui en constituait le coeur, et l'entrée dans l'enceinte fermée du prieuré m'enthousiasma immédiatement. Une longue allée arborée conduisait aux bâtiments bellement restaurés. Une réelle sérénité régnait là, cette sérénité des monastères ayant gardé la simplicité que j'imagine être celle des origines.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/1477811957.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/300112346.jpg&quot; id=&quot;media-2020625&quot; alt=&quot;puychevrier1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2020625&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La fondation de Puychevrier remonte à 1181, il relevait de l'&lt;b&gt;ordre de Grandmont&lt;/b&gt; fondé au XIème siècle par &lt;b&gt;Etienne de Muret&lt;/b&gt;, près d'Ambazac, dans le Limousin. Les religieux de cet ordre, les Grandmontains,&amp;nbsp; suivaient une règle austère qui stipulait le silence absolu en dehors des offices, des jeûnes fréquents et la quête d'aumônes auprès des paysans. Mais il semble qu'ils redistribuaient aussi beaucoup, car ils furent surnommés les Bonshommes (comme les Cathares méridionaux). Bien sûr, comme dans tous les ordres monastiques, il y eut des crises et la simplicité originelle de l'ermite Etienne fut battue en brèche avec la croissance rapide de l'Ordre. Il périclita tellement qu'il fut supprimé en 1772 par une bulle de Clément XIV, échappant ainsi de peu aux foudres de la Révolution*.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/01/1040713484.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/01/1447240458.jpg&quot; id=&quot;media-2020627&quot; alt=&quot;puychevrier2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2020627&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans l'Indre, il existait cinq prieurés. J'ai déjà évoqué deux d'entre eux, celui de &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2006/04/18/la-croix-de-saint-roch.html&quot;&gt;Lourdoueix Saint-Michel&lt;/a&gt;, dont il ne reste plus guère que la trace toponymique, et celui de l'&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/12/visite_a_jovard.html&quot;&gt;Epeau&lt;/a&gt;, au bord de la même rivière &lt;b&gt;Anglin&lt;/b&gt;. Je m'aperçois d'ailleurs qu'à cette occasion, je mentionnais que ce prieuré dont il ne reste plus aucun vestige relevait justement de Puychevrier. Ces deux sites entrent donc dans des configurations symboliques de la géographie sacrée. Qu'en est-il donc de Puychevrier, seul prieuré indrien rescapé des désastres du temps ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l'instant, je constate seulement qu'il se situe sur l'axe &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/08/le-triangle-de-pouligny.html&quot;&gt;Saint-Savin - Pouligny Saint-Pierre&lt;/a&gt;, cette fameuse diagonale qui passe au &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/tag/saint%20fleuret&quot;&gt;Saint-Fleuret&lt;/a&gt;, la stèle funéraire de Sauzelles.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/02/7939892.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/02/1797458618.jpg&quot; id=&quot;media-2020629&quot; alt=&quot;puychevrier3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2020629&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;_____________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* Sur l'histoire de l'Ordre et les monuments encore existants, on lira avec intérêt le livre de Gilles Bresson, &lt;a href=&quot;http://dorbestier.espacewebpro.fr/index1.html&quot;&gt;Monastères de Grandmont&lt;/a&gt;, Guide d'histoire et de visite, aux éditions d'Orbestier.&lt;/p&gt;
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<title>Bouesse et Baronte</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/06/21/bouesse-et-baronte.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Sun, 21 Jun 2009 01:47:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Les &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/05/11/fees-de-la-vallee.html&quot;&gt;fées&lt;/a&gt; ont quitté la vallée de la Creuse, mais la Brenne où ellles se sont, paraît-il, repliées ne bruisse plus guère non plus de leurs légendes. Et l'Evangile de Jean qui les a fait fuir a perdu lui aussi de sa superbe. Le texte est toujours flamboyant mais il n'iirradie plus que faiblement dans nos campagnes. Il faut bien établir ce constat alors même que notre périple s'achève.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Deux derniers jalons avant bouclage. Le premier se situe en limite de Brenne et de Boischaut, à &lt;b&gt;Bouesse&lt;/b&gt;, que j'ai déjà évoqué lors de l'investigation sur le &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2008/03/14/buxus-sempervirens.html#more&quot;&gt;carré buissé.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/1402281940.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/624200552.jpg&quot; id=&quot;media-1833868&quot; alt=&quot;blason-gaucourt.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt; float: left;&quot; name=&quot;media-1833868&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le château féodal reconverti en &lt;a href=&quot;http://chateau-bouesse.com/&quot;&gt;restaurant&lt;/a&gt; s'orne encore du blason de la famille de &lt;b&gt;Gaucourt&lt;/b&gt;, qui est &lt;i&gt;&quot;semé d'hermines aux deux bars adossés de gueules&quot;&lt;/i&gt;. Bars étant poissons de mer, voilà bien qui s'inscrit parfaitement dans la thématique du signe zodiacal. Dans les prés du château, la fontaine de Bouesse, manifeste, elle, par sa légende, le désir de communion mystique souvent attribué aux Poissons : en effet, les amoureux qui viennent boire à cette fontaine, dans le même verre, sont sûrs de s'aimer toujours. Souci d'éternité : en cette ultime stase de la révolution cosmique, la nécessité jaillit soudain d'une échappée hors des cadres spatio-temporels. Affranchissement de la roue du temps, volonté de permanence illustrée prosaïquement par ces femmes qui venaient aussi tremper en cette même fontaine leur linge de couleur afin qu'il ne passe pas&amp;nbsp; au soleil. Ces faits de croyance sont rapportés dans un écrit, &lt;i&gt;Bouesse en Berry, château et terre&lt;/i&gt;, dont je possède un exemplaire photocopié dépourvu du nom de l'auteur, daté de juillet 1914, juste avant le grand embrasement où tant de jeunes paysans berrichons laissèrent leur vie. Beaucoup de cultes et de pélerinages populaires s'éteignirent doucement après ces années terribles, et il est bien possible que les légendes de la fontaine n'aient pas elles-même survécu à l'hécatombe. Je dis cela parce que ma famille du côté de mon père est originaire de Bouesse, que j'y fus baptisé et que ma grand-mère, née en 1915, et qui elle-même n'a pas connu son père, mort au combat, y vit toujours. Jamais elle ne m'a parlé de cette fontaine, dont j'appris l'existence dans l'ouvrage mentionné.&lt;br /&gt; Il est vrai qu'on ne boit plus l'eau des fontaines et que les lave-linges ont démodé les lavoirs. Les légendes n'ont plus de veillées où elles puissent être racontées ; vestiges elles-mêmes, elles ne se rencontrent plus guère que dans les livres. Ce monde-ci est voué à la mort et à la destruction, dès lors il s'agit pour le Poisson mystique d'en sortir, de s'extraire du temps cyclique pour gagner le Royaume où le temps n'existe plus. Notre deuxième et dernier jalon porte la marque d'une telle tentative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; A &lt;b&gt;Méobecq&lt;/b&gt;, sur la pointe du signe, au VIIème siècle, un noble franc devenu moine et nommé &lt;b&gt;Baronte&lt;/b&gt;, eut une vision qui le transporta au ciel et en enfer. Le récit qu'il en fit le place, selon Pierre Riché, comme un précurseur de la &lt;i&gt;Divine Comédie&lt;/i&gt; de Dante. Canonisé, sa fête était célébrée, selon Mgr Villepelet, le 2 mars, donc dans le temps des Poissons. Charles-Emmanuel Deuzeune l'évoque dans son livre &lt;i&gt;&quot;La Mort et ses rites pour tous&quot;&lt;/i&gt;: &quot;&lt;i&gt;Dans sa retraite monastique de Méobecq en Berry, il eut donc en esprit, avant 678-679, une anticipation de la vie éternelle par un voyage en enfer et en paradis. L'enfer n'est plus souterrain, comme chez les païens. Il est quelque part dans l'espace, hors de notre monde. Impossible donc que les morts reviennent tourmenter les vivants ! (...) L'angoisse de l'enfer a donc pour but d'utiliser l'attente pour transformer le présent et forcer ainsi les portes d'un avenir mystérieux. L'imagination sollicitée par l'au-delà laisse la place libre au réalisme du quotidien, à l'acceptation de l'histoire, que refusait le paganisme. N'oublions pas en effet que le cosmos païen, sans origine ni fin, est en proie à des forces perpétuellement renouvelées. Par le fouet de la crainte de la damnation, plus tard et non aujourd'hui, le visionnaire élargissait l'imagination de chacun hors du cauchemar sans cesse recommencé, printemps, été, automne, hiver, naissance, croissance, récolte ou razzia, mort, et, du coup, brisait le mythe païen du retour éternel par la vision d'un temps linéaire irréversible.&lt;/i&gt;&quot;(1)&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/210314082.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/1680784665.jpg&quot; id=&quot;media-1833873&quot; alt=&quot;Hortus_Deliciarum_-_Hell.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1833873&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;L'enfer dans l' &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Hortus_Deliciarum&quot; title=&quot;Hortus Deliciarum&quot;&gt;Hortus Deliciarum&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Herrade_de_Landsberg&quot; title=&quot;Herrade de Landsberg&quot;&gt;Herrade de Landsberg&lt;/a&gt; (autour de 1180).&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la vision, saint Pierre dit à Baronte : &quot; &lt;i&gt;Quand tu seras rentré, déclare à tous l'argent que tu as gardé sans permission en entrant au monastère et que tu as tenu caché. Ensuite, empresse-toi de donner douze sous aux pauvres et aux pélerins, un par mois, des sous bien pesés par la main d'un prêtre. Ne pèche plus et veille à ne rien posséder quand l'année sera finie.&lt;/i&gt;&quot; Reconduit à la première porte du Paradis, Baronte retrouve des pélerins qui se rendent à Poitiers, au tombeau de saint &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2005/05/10/hilaire_et_les_hilaria.html&quot;&gt;Hilaire&lt;/a&gt;. Ceux-là sont au début du circuit qui les mènera, si tout se passe bien, jusqu'au lieu suprême de l'ascension spirituelle.&lt;br /&gt; Baronte choisira après sa vision de se retirer en Toscane, et il finira sa vie dans un monastère près de Pistoia, en compagnie d'un autre moine qui sera lui aussi canonisé : &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Barontius_and_Desiderius&quot;&gt;&lt;b&gt;Desiderius&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;. Ce nom ne saurait nous laisser indifférents, car il renvoie à un passage fondamental de la &lt;i&gt;Géographie Sidérale&lt;/i&gt; de Guy-René Doumayrou :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;background-color: #ffffff;&quot;&gt;&lt;b&gt;&quot;Elle [la projection zodiacale] résume la structure du monde et celle de tout être achevé, en même temps que la voie des révolutions sidérales qui lui donnent vie, modèle de la genèse que cherche à reproduire le philosophe dans son microcosme. Elle demeure une ossature interne et tout naturellement occulte, ou bien ses évidences sont si criantes qu'elles passent inaperçues ; mais la même ossature existe, affleurant plus ou moins à la conscience, en chaque individu et les coïncidences de l'une à l'autre contribuent, selon la vigueur de son désir (du latin &lt;i&gt;sidus&lt;/i&gt;, étoile, qui a donné &lt;i&gt;desiderium&lt;/i&gt;, regret, désir), à l'éveiller et à le guider dans la traversée des sept niveaux de la réalité. C'est alors lui qui courra l'aventure du soleil, de solstice en équinoxe et d'équinoxe en solstice : la roue zodiacale est la même chose que le chemin d'étoiles, la voie lactée, chemin de Saint-Jacques, route des Argonautes.&quot;&lt;/b&gt;(2)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_____________________________&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; (1 )Charles -Emmanuel Deuzeune, &lt;i&gt;La Mort et ses rites pour tous&lt;/i&gt;, Le plein des sens 2003, pp. 88-89. En fait ce passage est un plagiat éhonté du grand livre de Philippe Ariès, Paul Veyne, Georges Duby et Arthur Gloldhammer, &lt;i&gt;Histoire de la vie privée&lt;/i&gt;. C'est en recherchant sur le net des informations pour Baronte afin de compléter mon texte de 1989 que je suis d'abord tombé sur le passage de Deuzeune grâce à &lt;a href=&quot;http://books.google.fr/books?id=BqXQUQ4nW4gC&amp;amp;pg=PA514&amp;amp;lpg=PA514&amp;amp;dq=baronte+meobecq&amp;amp;source=bl&amp;amp;ots=H8Ks4UE7F3&amp;amp;sig=UDDLlm9ejaLzkWbUAnzXFqsZ2sA&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ei=CFo9SqPTONGZjAfb5rD-Dw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;resnum=2&quot;&gt;Google Books&lt;/a&gt;. Puis, j'ai découvert la &lt;a href=&quot;http://books.google.fr/books?id=wLgE7HBhL2IC&amp;amp;pg=PA87&amp;amp;lpg=PA87&amp;amp;dq=baronte+meobecq&amp;amp;source=bl&amp;amp;ots=ryESDU8-kE&amp;amp;sig=ruy1qK30xjZgMGtMXZ3uIUKMyiY&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ei=CFo9SqPTONGZjAfb5rD-Dw&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;resnum=5&quot;&gt;version anglaise&lt;/a&gt; du livre édité par Paul Veyne (la française n'est pas en ligne). Il n'est pas besoin d'être un expert dans la langue de Shakespeare pour constater la forfaiture. J'aurais pu passer ce détail sous silence, mais je trouve intéressant de montrer qu'il n'y a pas que sur le net que sévit le copier-coller.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; (2) op. cit. p. 55&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/00/222094645.jpg&quot; id=&quot;media-1833874&quot; alt=&quot;jongleur.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1833874&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: georgia,palatino;&quot;&gt;&lt;i&gt;Avec ce dernier billet s'achève donc notre pérégrination zodiacale. Conclusion provisoire, on s'en doute. Il me reste à reprendre l'ensemble de ces textes, afin d'en établir une version que je destinerai à une édition papier. Une réflexion plus générale reste à entamer, un index des noms, lieux et oeuvres cités à élaborer. Le blog ne cesse pas pour autant toute activité, il entre simplement dans une nouvelle phase. La recherche continue, de nouvelles découvertes sont toujours possibles, un regard peut-être plus affirmé sera porté sur les études susceptibles de nous éclairer sur le chemin encore long qui nous est dévolu.&lt;br /&gt; Merci à tous ceux qui m'ont suivi et accompagné pendant plus de quatre ans, qui ont stimulé ma réflexion et donné l'énergie de poursuivre jusqu'au bout. J'ai une pensée toute particulière pour vous, Marc,&amp;nbsp; Jean-Marc et Ornithorynque, dont la bienveillante attention m'a souvent touché au coeur.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 823px; right: 641px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 823px; right: 346px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Fées de la vallée</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/05/11/fees-de-la-vallee.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Mon, 11 May 2009 22:26:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;b&gt;«&amp;nbsp;Il y a longtemps, bien longtemps, les fées de la vallée de la Creuse avaient reçu mission d'édifier un pont qui relierait les deux rives de la rivière, des Roches à Sauzelles. Elles s'étaient partagé la tâche, les unes apportaient les pierres à pleins devantiaux, les autres exécutaient la maçonnerie. Mais elles ne pouvaient travailler que la nuit ; au premier chant du coq, elles devaient s'arrêter pour ne reprendre leur activité qu'au crépuscule. La besogne allait bon train quand un soir un événement considérable vint l'arrêter : l'Evangile de saint Jean avait été trouvé ou retrouvé, et les pierres que transportaient les fées tombérent de leurs tabliers d'arentelles et formèrent la haute falaise qui domine la vallée en aval de Bénavent.&amp;nbsp;»&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Chantal de la Véronne, &lt;i&gt;La Brenne, histoire et traditions&lt;/i&gt;, p. 96&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Voilà une légende qui offre beaucoup de points communs avec &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/02/08/les-fees-et-les-pierres.html&quot;&gt;celles&lt;/a&gt; que nous avons déjà rencontrées, qui concernaient les châteaux du Bouchet et de Salvert. Ici, c'est un pont que les fées devaient édifier, nuitamment comme il se doit, projet qui non seulement ne sera pas achevé mais au contraire portera son contre-projet : le pont qui devait relier devient falaise qui bien évidemment sépare encore un peu plus les deux rives de la Creuse. Ici aussi, ce n'est pas une fée contrariée ou un enchanteur qui vient perturber l'activité, mais la nouvelle de la trouvaille (ou de la retrouvaille) de l'Evangile de saint Jean. Le paganisme doit refluer devant les signes de la chrétienté, mais cela se fait encore selon le mode propre du paganisme, c'est-à-dire que ce n'est pas la &lt;i&gt;lettre&lt;/i&gt; de l'Evangile qui met à mal la mission des fées (qui n'avait rien au demeurant de maléfique, bien au contraire), mais l'&lt;i&gt;objet&lt;/i&gt; lui-même, comme porteur d'une magie supérieure à l'ancienne.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Tout ceci se passe, observons-le, à quelques battements d'aile de buse du Saint-Fleuret, dans le prolongement de l'axe Pouligny-Douadic.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/1782570205.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/740400259.jpg&quot; id=&quot;media-1750506&quot; alt=&quot;Creuse-stgaultier.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1750506&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; Les conséquences de la découverte de l'Evangile ne s'arrêtent pas là. Je l'ai dit, cet événement va précipiter la conclusion d'une lutte ancestrale entre les fées de &lt;b&gt;Rochefort&lt;/b&gt; (château surplombant le Saint-Fleuret) et celles du &lt;b&gt;Soudun&lt;/b&gt;, château plus en aval. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Lorsqu'elle eut appris la fatale nouvelle&lt;/i&gt;, écrit C. de la Véronne, &lt;i&gt;la souveraine des fées aperçut un moine de Fontgombault qui s'apprêtait à traverser la rivière au gué de Mijault. Elle l'interpella en ces termes :&lt;/i&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Moine, moine Pe-chaffray&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;A Rochefort où vous allez,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;Dites à ma soeur qu'elle vienne,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;Car il faut nous en aller,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;L'Evangile de saint Jean est trouvé.&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;Le moine s'acquitta de sa mission et la fée qui avait sous sa protection les châteaux de la rive gauche de la Creuse rassembla autour d'elle les habitants de Rochefort.&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Notons d'ores et déjà que la nouvelle &lt;i&gt;fatale&lt;/i&gt; est médiatisée par un moine rencontré au gué de Mijault, c'est-à-dire au hameau même de la stèle. Le lieu aimante puissamment le légendaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Continuons : la fée annonce aux habitants éplorés son départ inéluctable, mais avant de les quitter elle leur dit avoir pouvoir de leur proposer un choix pour l'avenir. Que désirez-vous, leur demande-t-elle, le bonheur ou le malheur ? On se doute de la réponse. La fée répond alors que puisqu'ils veulent le bonheur, c'est le Soudun qui aura le malheur. Tout le monde se lamente, mais on maintient le voeu, tant pis pour le Soudun. La fée pose alors la main sur la margelle du puits de Rochefort, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;où ses doigts s'imprimèrent pour toujours, et levant les yeux au ciel, elle prononça ces mots :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;- Que le bonheur soit et demeure sur Rochefort, et le malheur sur le Soudun.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Elle part en fumée et disparaît à jamais de la vallée (on pense que les fées sont parties en Brenne, région sauvage à l'abri de l'Evangile).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Le Soudun sera donc ce château pourvoyeur d'effroi pour le passant attardé et lui aussi inachevé (une pièce de charpente toujours manquera malgré tous les efforts). Voilà en tout cas un jeté de sort bien peu évangélique.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Car tout ceci n'est pas sans me faire penser à l'analyse que &lt;b&gt;René Girard&lt;/b&gt; donne du Logos johannique dans &lt;i&gt;Des choses cachées depuis la fondation du monde&lt;/i&gt;, (Grasset, 1978) où il écrit (pages 291-292) : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;L'Evangile de Jean affirme que Dieu est amour et les Evangiles synoptiques nous précisent que Dieu traite les frères ennemis avec une égale bienveillance. Pour le Dieu de l'Evangile, les catégories qui sortent de la violence et y retournent n'existent pas. Que personne ne lui demande de se mobiliser docilement à l'appel de nos haines fratricides.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Belle intuition de la légende : le message évangélique ne saurait répartir malheur et bonheur, diviser Rochefort et Soudun. Reste que les fées disparues, leur pouvoir continue d'agir sur les esprits. La violence est toujours souverainement à l'oeuvre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Suin, Soudun et Issoudun</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/05/04/suin-soudun-et-issoudun.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Mon, 04 May 2009 23:01:34 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Saint Fleuret, qu'on retrouve à Mijault et à Estaing, n'est pas le seul lien qu'entretient la région avec le lointain Rouergue. Le &lt;b&gt;Suin&lt;/b&gt;, dont nous avons déjà évoqué la &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/02/19/les-365-gouffres-du-suin.html&quot;&gt;légende des 365 gouffres&lt;/a&gt;, nous en procure un autre par son étymologie. Je me reporte là à celle que propose Stéphane Gendron. Sachons d'abord que Suin désigne aussi un hameau situé à la limite entre Preuilly-la-Ville et Pouligny Saint-Pierre, sur une hauteur. Voici maintenant ce que le chercheur écrit :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;«&amp;nbsp;P.ê du gaul. *&lt;i&gt;Segodunum&lt;/i&gt;, avec &lt;i&gt;segu&lt;/i&gt;- «&amp;nbsp;force&amp;nbsp;», c'est-à-dire «&amp;nbsp;forteresse solide, imprenable&amp;nbsp;» (DELA-MARRE 2003 : 228-9). A comparer avec Suin, commune de Saône-et-Loire, &lt;i&gt;Sedunum&lt;/i&gt; au XIe siècle, avec Rodez, &lt;i&gt;Sogodounon&lt;/i&gt; au IIe siècle chez Ptolémée, et Sion, ville de Suisse, &lt;i&gt;Sedunum&lt;/i&gt; au IVe siècle.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/2069330050.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/904022937.jpg&quot; id=&quot;media-1736140&quot; alt=&quot;evangjean.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1736140&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Un autre lieu tout proche relève pratiquement de la même étymologie, c'est le château féodal du &lt;a href=&quot;http://www.soudun.com/contact.html&quot;&gt;&lt;b&gt;Soudun&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, situé à Néons-sur-Creuse, sur un promontoire dominant la rivière. Il se nommait autrefois &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2006/02/16/la-paix-du-feu-qui-est-l-huile.html&quot;&gt;&lt;b&gt;Issoudun&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, comme la ville que nous connaissons bien, ou Issoudun-sur-Creuse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;background: transparent none repeat scroll 0% 0%; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Or, il se trouve que ce château du Soudun n'est pas sans rapport avec un autre château, celui de &lt;b&gt;Rochefort&lt;/b&gt;, qui surplombe justement notre stèle de Sauzelles. Une légende rapportée par Chantal de La Véronne raconte l'ultime épisode de la lutte qui opposait de longue date les fées des deux châteaux. C'était à l'époque où l'évangile de saint Jean fut retrouvé... &lt;i&gt;(A suivre)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Oriens ex alto</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/04/15/oriens-ex-alto.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Wed, 15 Apr 2009 22:58:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Il est intéressant de confronter les différentes traductions du cantique de Zacharie, en ce qui concerne le passage cité dans ma &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/04/12/le-chemin-de-lumiere.html&quot;&gt;précédente note.&lt;/a&gt; Le texte latin est celui-ci :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Et tu, puer, prophéta Altissimi vocaberis&amp;nbsp;:&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;praeibis enim ante faciem Domini ad parandas vias eius,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Ad dandam populo eius scientiam salutis&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;in remissione peccatorum eorum,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Per viscera misericordiae Dei nostri,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;qua vistabit nos Oriens ex alto,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Ut illuminet eos, qui in ténebris et in umbra mortis sedent,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;ut dirigat pedes nostros in viam pacis.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traduction donnée par &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cantique_de_Zacharie&quot;&gt;Wikisource&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;tu marcheras devant, à la face du Seigneur,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;et tu prépareras ses chemins pour donner à son peuple de connaître le salut&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par la rémission de ses péchés,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;quand nous visite l'astre d'en haut,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;pour conduire nos pas au chemin de la paix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Traduction qui diffère notablement de celle utilisée par Hugues Delautre, notamment en ce qui concerne le vers &lt;i&gt;qua vistabit nos Oriens ex alto&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;où disparaît la mention explicite du &lt;i&gt;soleil levant&lt;/i&gt; : on ne parle plus que de &lt;i&gt;l'astre d'en haut&lt;/i&gt;. La traduction oecuménique, celle qu'on trouve aussi sur le site de l'&lt;a href=&quot;http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/la-vie-spirituelle/priere/cantique-de-zacharie-luc-i-6879.html&quot;&gt;église catholique de France&lt;/a&gt;, donne pourtant :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;&quot;C'est l'effet de la bonté profonde de notre Dieu :&lt;br /&gt; grâce à elle nous a visités &lt;b&gt;l'astre levant&lt;br /&gt; venu d'en-haut.&lt;/b&gt;&quot;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;On peut deviner les raisons qui ont poussé les traducteurs de la version Wikisource à&lt;/span&gt; &lt;i&gt;oublier&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;le soleil levant : cette formulation «&amp;nbsp;soleil levant venu d'en haut&amp;nbsp;» est en effet paradoxale. Se levant, le soleil physique vient forcément d'en bas, il surgit à l'horizon et ne cesse alors de s'élever. Comment pourrait-il venir d'en haut ? Le carme &lt;a href=&quot;ttp://perso.jean-leveque.mageos.com/shir.htm&quot;&gt;Jean Lévêque&lt;/a&gt; donne la réponse sur son site :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://perso.jean-leveque.mageos.com/shir.htm&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;C'est toujours l'amour de notre Dieu que nous retrouvons au point de départ, comme le rappelle le nom mystérieux que Zacharie donne au Messie: &quot;l'Astre levant venu d'en haut&quot;. C'est bien sur notre terre des hommes que se lève, chaque jour, la lumière de cet Astre, de ce Messie-Sauveur, mais l'Astre vient d'en haut, d'auprès de Dieu.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;object height=&quot;344&quot; width=&quot;425&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/wvdP5V_1J9o&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&amp;amp;color1=0x2b405b&amp;amp;color2=0x6b8ab6&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/wvdP5V_1J9o&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&amp;amp;color1=0x2b405b&amp;amp;color2=0x6b8ab6&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Revenons sur le terrain : l'association entre saint Jean-Baptiste et le soleil levant que nous avons donc rencontré à Vézelay, nous la retrouvons en amont de Sauzelles, au village de &lt;b&gt;Saint-Aign&lt;/b&gt;y. Ce village se nommait &lt;i&gt;Sanctus Albinus&lt;/i&gt; au XIIIe siècle, avant de subir l'attraction de &lt;i&gt;Anianus&lt;/i&gt; (saint Aignan). &lt;i&gt;Albinus&lt;/i&gt; dérive bien sûr de l'&lt;a href=&quot;http://www.cnrtl.fr/etymologie/aube&quot;&gt;&lt;i&gt;aube&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, l'heure blanche ( «&amp;nbsp;Moment qui précède l'aurore, où la lumière du soleil levant commence à blanchir l'horizon; point(e) du jour.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/02/523896756.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/02/103811970.jpg&quot; id=&quot;media-1700161&quot; alt=&quot;staigny.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1700161&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Quant à Jean-Baptiste, il nomme la &lt;a href=&quot;http://www.fontainesdefrance.info/fontaines/fontaine-aigny.htm&quot;&gt;fontaine&lt;/a&gt; qui sourd en bord de Creuse, au nord du village. Fontaine dite aussi aux Teigneux (par proximité phonétique, on s'en doute avec Saint-Aigny). Ses vertus seraient connues depuis l'Antiquité. La teigne atteignant surtout les enfants, on observe là un habile compromis entre les attributs des deux saints.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notons aussi qu'à l'instar de l'église de Bénavent qui balisait l'horizon du Saint-Fleuret, la chapelle du village de &lt;b&gt;Mont-La Chapelle&lt;/b&gt;, sur la rive droite de la Creuse, se situe sur le parallèle de la fontaine. C'est en définitive une véritable ode au soleil levant que signe cette constellation de sites en bordure de Poitou, et l'on peut d'ailleurs se demander si cette pièce de terre nommée &lt;b&gt;la Lusine&lt;/b&gt;, à l'ouest de Saint-Aigny, ne serait pas le premier jalon annonciateur de la fée bâtisseuse. Elinas, roi d'&lt;i&gt;Albanie&lt;/i&gt;, futur père de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9lusine_(f%C3%A9e)&quot;&gt;Mélusine&lt;/a&gt;, ne rencontre-t-il pas sa mère, Persine, près d'une fontaine ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Le soleil se lève à Sauzelles</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/04/06/le-soleil-se-leve-a-sauzelles.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Mon, 06 Apr 2009 23:11:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Retour à Sauzelles. Seul et de bon matin. Dans la pénombre d'avant l'aube je laisse la voiture à Mijault et reprends le chemin qui remonte la rive gauche de la Creuse. J'ai de la chance, le ciel hier très nuageux s'est dégagé pendant la nuit et je devrais voir le lever du soleil sur le &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/27/le-feu-secret-du-saint-fleuret.html&quot;&gt;Saint Fleuret&lt;/a&gt;. Dans ma poche, la boussole l'autre jour oubliée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;M'y voici. Les trois personnages de roche m'attendent, infiniment patients sous leur niche de calcaire. J'escalade le petit sentier et c'est comme si je retrouvais de vieux amis déjà, avec la simple certitude d'être ici à la juste place.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/265499708.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/1955714889.jpg&quot; id=&quot;media-1683116&quot; alt=&quot;stfleuret-boussole.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1683116&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;La boussole confirme ce que je pensais, mais la précision de la mesure me laisse rêveur : le champ de la roche est exactement axé nord-sud, ce qui met les trois figures dans la direction de l'est, de cet orient d'où surgit un peu plus tard, de l'autre côté de la rivière, au-dessus du plateau surplombant &lt;b&gt;Bénavent&lt;/b&gt;*, le disque orange du soleil levant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/02/1202954806.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/01/02/2022105725.jpg&quot; id=&quot;media-1683122&quot; alt=&quot;stfleuret-sunrise2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1683122&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Etincelant à travers le lacis des branchages encore défeuillés, il va rapidement donner à la roche de subtiles teintes rosées, tout en faisant rutiler la Creuse en contrebas. Moment magique.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/1610733953.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/133849067.jpg&quot; id=&quot;media-1683126&quot; alt=&quot;stfleuretsunrise3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1683126&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Cette orientation ne peut être fortuite. La roche originelle a été très évidemment choisie et taillée pour que la stèle s'illumine de ces rayons matinaux. Les mânes des défunts représentés ici devaient trouver satisfaction de cette épiphanie quotidienne.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/597814262.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/790422226.jpg&quot; id=&quot;media-1683129&quot; alt=&quot;stfleuret-sunrise.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1683129&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;_________________________________&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;* &lt;b&gt;Bénavent&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;Bonus Adventus&lt;/i&gt; selon A.F. Aude (&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://books.google.fr/books?id=i309YcFUlqEC&amp;amp;pg=PA32&amp;amp;lpg=PA32&amp;amp;dq=mijault+fleuret&amp;amp;source=bl&amp;amp;ots=glYBkyADvp&amp;amp;sig=M9qllGIPaghtUTFCPKEVW2iz0HI&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ei=ZGPaSbGeOpK5jAeSt4WWDQ&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;resnum=5#PRA1-PT1,M1&quot;&gt;Bénavent en Berry et Son Prieuré&lt;/a&gt;, 1174-1899&lt;/i&gt;), qui signe la bonne arrivée, l'heureux avènement, très clairement ici la (re)naissance de l'astre solaire. La chapelle de Bénavent se situe sur l'horizon oriental du Saint Fleuret comme le montre la carte suivante.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/1347968327.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/933155128.jpg&quot; id=&quot;media-1683132&quot; alt=&quot;stfleuret-benavent.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1683132&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;NB : L'article Wikipédia sur &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sauzelles&quot;&gt;Sauzelles&lt;/a&gt; comporte un extrait de l'un de mes textes. Cela ne me dérangerait pas outre mesure si la source était citée. Ce n'est hélas pas le cas et aucun renvoi n'a été opéré vers ce site. Je m'en vais protester.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 126px; right: 302px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 2274px; right: 343px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Le Chemin du Dragon</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/31/le-chemin-du-dragon.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Tue, 31 Mar 2009 00:48:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;b&gt;«&amp;nbsp;Après la bénédiction du pain et du sel dans la sacristie, chaque pèlerin vénère par un baiser, les reliques du saint thérapeute des bestiaux, contenues dans un bras d'argent. Ce reliquaire était autrefois promené sur le terroir d'Estaing lors de la procession des Rogations.&amp;nbsp;»&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Jean-François Hirsch (in. &lt;i&gt;L'Univers du Vivant&lt;/i&gt;, n°4, octobre 1985)&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/651756298.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/1293505240.jpg&quot; id=&quot;media-1669788&quot; alt=&quot;Procession-dragon.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1669788&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Les &lt;b&gt;Rogations&lt;/b&gt; sont cette fête chrétienne qui se déroule pendant les trois jours précédant le jeudi de l'Ascension. Instituée, semble-t-il, en 470 par saint Mamert de Vienne en Dauphiné, pour lutter contre tremblements de terre, feu du ciel et invasions de démons. Jacques de Voragine, dans sa &lt;i&gt;Légende dorée&lt;/i&gt;, écrit qu'&amp;nbsp;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;on l'appelle encore «&amp;nbsp;procession&amp;nbsp;», parce que l'Eglise fait généralement la procession. Or, on y porte la croix, on sonne les cloches, on porte la bannière ; en quelques églises, on porte un dragon avec une queue énorme et on implore spécialement le patronage de tous les saints.&lt;/i&gt; » Les cloches servent à éloigner les démons et les tempêtes : pour Philippe Walter , c'est une fête agraire où, par «&amp;nbsp;&lt;i&gt;des rites ambulatoires, il s'agit de protéger les récoltes en pleine croissance non seulement à un moment critique de l'année où les risques de gelée n'ont pas encore disparu mais également à une période où la sécheresse peut être dramatique. C'est la saison très redoutée de la lune rousse dont on souligne encore les méfaits dans certains terroirs. Le roux et la rouille sont d'ailleurs l'aspect dominant de toute la période des Rogations ; ils sont au coeur de ce mythe saisonnier. On notera cependant les silences ou les faiblesses de l'explication liturgique sur certains détails de la fête ( les dragons processionnels ou la triade festive par exemple)&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;»(&lt;i&gt;Mythologie chrétienne&lt;/i&gt;, Imago, 2005, p.136)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Cette fête n'a pas échappé au regard acéré de Guy-René Doumayrou, qui mentionne lui aussi les Dragons des Rogations survivant encore en plusieurs cités du Languedoc. Mieux, il montre l'existence d'un &lt;b&gt;Axe des Rogations&lt;/b&gt;, qu'il rapproche de la visée du premier mai :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/587822564.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/00/1205108771.jpg&quot; id=&quot;media-1669773&quot; alt=&quot;axe-rogations2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1669773&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;i&gt;On a été tenté de l'appeler «&amp;nbsp;axe du premier mai&amp;nbsp;», parce qu'il vise le lever héliaque aux alentours de cette date. Toutefois, comme on le trouve souvent balisé en ligne droite sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres, on ne peut l'associer à une position trop précise du soleil dans sa divagation saisonnière. On peut en revanche, sans craindre d'errer, le mettre en rapport direct avec le temps des Rogations puisque, tout aussi bien, l'ethnologie a déjà revalorisé ce vocable d'origine chrétienne pour désigner le groupe fabuleux, beaucoup plus archaïque, des dragons processionnels que l'on sortait pour célébrer ce «&amp;nbsp;rite&amp;nbsp;» destiné à faire descendre les dons du ciel sur la terre0 Axe des Rogations donc, cet orient, dont le trait part du soleil levant au début mai pour s'éteindre avec le soleil couchant du début novembre, sera plus justement encore appelé le Chemin du Dragon.&lt;/i&gt; » (&lt;i&gt;Evocations de l'Esprit des Lieux&lt;/i&gt;, p. 110)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Un peu plus loin, Doumayrou affirme que &lt;i&gt;«&amp;nbsp;le pays de Mélusine,&amp;nbsp;serpente médiévale, ne pouvait manquer d'avoir le sien, le traversant de &lt;a href=&quot;http://calendrier-celte.blogspot.com/2007/02/mythologie-de-la-goule_06.html&quot;&gt;Poitiers&lt;/a&gt; à La Rochelle en passant par Niort, selon un azimut qui est, cette fois, effectivement celui du premier mai. Mais il est issu de Vézelay où rayonna, quelque temps, un des centres les plus importants de la Chrétienté, en l'honneur de Marie-Madeleine. La pleureuse aux longs cheveux n'était pas un dragon, sans doute, mais c'était une «&amp;nbsp;moins que rien&amp;nbsp;», déchue comme Lucifer, pourtant si fort illuminée par l'amour de l'homme divin qu'elle s'éleva à une dignité qui l'égalait presque à la vierge mère.&lt;/i&gt; » Et Doumayrou achève ce paragraphe crucial par ce passage que j'ai déjà cité en exergue d'une &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/02/16/le-peintre-des-gaules.html&quot;&gt;note passé&lt;/a&gt;e, sans savoir que j'allais le retrouver encore plus pertinent dans son rapport au territoire que nous arpentons :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&quot;&lt;b&gt;L'axe Vézelay - La Rochelle, qui frôle Bourges, dont la cathédrale est dédiée à saint Etienne le lapidé, l'homme dissous par la pierre brute, et traverse les marécages de la Brenne, gouffre ombilical des Gaules, pour aboutir à ce port dont le nom, La Roche-Hélios, la Pierre-Soleil, annonce la métamorphose, au bout du pays qu'illustrèrent les miracles de la Mère Lucine, est le chemin d'étoiles de la Femme Perdue, dragon humanisé.&quot;&lt;/b&gt;(Guy-René Doumayrou, &lt;i&gt;Evocations de l'Esprit des Lieux&lt;/i&gt;, p. 112)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/709423029.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/502285524.jpg&quot; id=&quot;media-1669775&quot; alt=&quot;triangle-gaules.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1669775&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;L'axe&amp;nbsp; des Rogations est indiqué sur cette carte, filant vers Prague.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Quand ces résonances se sont offertes à moi, j'ai songé tout de suite à vérifier si le monument de Sauzelles était sur ce fameux Axe des Rogations surgi de Vézelay. Mais non, déception, il s'en fallait d'une petite quinzaine de kilomètres : le Chemin du Dragon filait plus au nord. Déception de courte durée cependant, car en projetant une visée sur Vézelay, je constatai immédiatement qu'elle traversait Bourges (contrairement à l'axe défini par Doumayrou qui «&amp;nbsp;frôle&amp;nbsp;» cette ville en s'en écartant tout de même lui aussi d'une dizaine de kilomètres). Et il n'est sans doute pas fortuit que &lt;b&gt;l'axe Saint-Savin – Le Blanc – Déols, converge lui aussi sur Vézelay.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Enfin, dernier indice très significatif, &lt;b&gt;la paroisse de &lt;a href=&quot;http://www.quid.fr/communes.html?mode=detail&amp;amp;id=10547&amp;amp;req=Sauzelles&amp;amp;style=fiche&quot;&gt;Sauzelles&lt;/a&gt; dépendait elle-même de l'abbaye de Vézelay.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;J'ai épluché consciencieusement le &lt;i&gt;guide de l'Indre&lt;/i&gt; de Michel de la Torre (Nathan, 1985), c'est la seule des 247 communes du département à posséder cette caractéristique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.quid.fr/communes.html?mode=detail&amp;amp;id=10547&amp;amp;req=Sauzelles&amp;amp;style=fiche&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 782px; right: 523px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 1622px; right: 160px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 1635px; right: 252px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 986px; right: 641px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Le feu secret du Saint-Fleuret</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/27/le-feu-secret-du-saint-fleuret.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Fri, 27 Mar 2009 23:47:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/454904138.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/192864101.jpg&quot; id=&quot;media-1663585&quot; alt=&quot;stele-sauzelles-inscription.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1663585&quot; /&gt;&lt;/a&gt;A l'heure où nous découvrîmes la stèle de Sauzelles, au coeur de l'après-midi, le soleil avait basculé depuis longtemps de l'autre côté de la falaise. Un couple d'habitants du hameau, qui nous avait indiqué le bon chemin, nous avait prévenus : il valait mieux venir de bon matin. J'ai regretté d'avoir oublié la boussole que je m'étais promis d'emmener, mais il était clair que seuls les rayons matutinaux pouvaient illuminer le monument. On a un aperçu de ce que ça doit donner avec &lt;a href=&quot;http://www.hellio-vaningen.fr/_fr/recherche/zoom.asp?pre=54686&amp;amp;NumPhoto=54686&amp;amp;suiv=54686&amp;amp;motscles=mijault&amp;amp;Ligne=1&quot;&gt;une photo&lt;/a&gt; d'Hellio et Van Ingen*, deux excellents photographes naturalistes qui hantent la Brenne depuis des décennies. Néanmoins j'aimerais m'en assurer par moi-même et je me suis promis de revenir par ici aux alentours du &lt;b&gt;1er mai&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Pourquoi le 1er mai ? Tout simplement, rappelons-le, parce que c'est la date où l'on allait autrefois implorer le bon saint Fleuret. Il fallait s'y rendre avant le lever du soleil. Il me faut absolument vérifier si, à cette époque, le monument jouit d'une lumière particulière. A voir donc.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;En tout cas, cette attention au soleil levant n'est pas anodine. Pour Anne Lombard-Jourdan, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;tout nous porte à croire que les Gaulois adoraient le&amp;nbsp;«&amp;nbsp;soleil croissant&amp;nbsp;», le soleil levant&lt;/i&gt;&quot;, et elle montre que la &lt;b&gt;fleur de lis&lt;/b&gt; des rois de France n'est autre que l'héritière d'un ancien symbole solaire, qu'elle décrit comme «&amp;nbsp;&lt;i&gt;composé d'une croix à branches égales, dont le bras supérieur se divisait pour retomber à droite et à gauche sous forme d'une double courbe&lt;/i&gt; (geminae cristae). (...) &lt;i&gt;Il évoquait le soleil à son lever, au moment où il croît.&lt;/i&gt; » (&lt;i&gt;Fleur de lis et oriflamme&lt;/i&gt;, Presses du CNRS, 1991,&amp;nbsp; p.87)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/773839674.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/744138394.jpg&quot; id=&quot;media-1663576&quot; alt=&quot;blasons-crapaud.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1663576&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Le 1er mai, c'est aussi une date importante dans le festiaire celtique puisque c'est la date de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Beltaine&quot;&gt;&lt;b&gt;Beltaine&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, la troisième des quatre grandes fêtes annuelles :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://lamainrouge.wordpress.com/2008/05/03/beltaine-belotenedos/&quot;&gt;Beltaine&lt;/a&gt;, «&amp;nbsp;feu de Bel&amp;nbsp;» est, au 1er mai, la fête du feu et des maîtres du feu et des éléments atmosphériques, les druides. Fête sacerdotale par excellence, elle indique le début de la saison claire et aussi le commencement de l'activité guerrière. Il n'y a pas d'équivalence continentale attestée mais, dans toute l'Europe, y compris l'ancien domaine celtique, le folklore de mai est immense et varié. C'est surtout celui qui a été le plus difficilement christianisé.&lt;/i&gt; » (Françoise Le Roux, Christian-J Guyonvarc'h, &lt;i&gt;La société celtique&lt;/i&gt;, Ouest-France, p. 168)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;La christianisation, on devine ici qu'elle a passé par l'invention de ce bon saint Fleuret qui a dû prendre la place d'une divinité solaire, peut-être Bélénos ou un avatar de celui-ci. Et de même qu'on allumait à Beltaine deux grands bûchers entre lesquels devait passer le bétail pour les préserver de la maladie, on a attribué au saint &quot;vétérinaire&quot; le pouvoir de protéger les troupeaux. A Estaing, comme à Sauzelles, saint Fleuret est clairement le protecteur des bestiaux. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Le culte&lt;/i&gt;, écrit &lt;a href=&quot;http://www.culture.gouv.fr/mpe/recherche/pdf/R_478.pdf&quot;&gt;Jean Delmas&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;attirait certaines années, le jour de la fête, plus de deux cents éleveurs du Nord-Aveyron et du Cantal.&lt;/i&gt; » Par la prière à saint Fleuret, les prêtres bénissent encore le pain, la fouace et le sel apportés par ces éleveurs. Le sel, distribué au retour du pélerinage, est sensé protéger et guérir les animaux de la ferme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Les &lt;b&gt;trois fleurs de lis d'or&lt;/b&gt; sur le blason d'Estaing nous apparaissent maintenant comme un indice supplémentaire de la perpétuation sous d'autres formes d'un ancien culte solaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/572327559.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/02/21819110.png&quot; id=&quot;media-1663552&quot; alt=&quot;545px-Blason_ville_Estaing.svg.png&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1663552&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;____________________________&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;* Je ne peux que conseiller leur très beau &lt;a href=&quot;http://www.hellio-vaningen.fr/_fr/livres/index.asp&quot;&gt;&lt;i&gt;Terre de Brenne&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, avec des textes de Maurice Soutif.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 92px; right: 641px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 92px; right: 444px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; 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<title>Au gué de Mijault</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/24/au-gue-de-mijault.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 21:44:49 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Difficile à trouver, le monument funéraire de Sauzelles. J'avais fait de fréquents séjours au Blanc, et&amp;nbsp; jamais on ne m'avait parlé de lui. Aucune indication, aucun panneau pour avertir le touriste ou le simple curieux. Et peut-être est-ce mieux ainsi : ce monument que la tradition nomme le &lt;b&gt;Saint-Fleuret&lt;/b&gt; continue de garder en toute discrétion la rive gauche de la Creuse sur laquelle il est établi, dans la pente boisée, à quelques centaines de mètres du hameau de Mijault.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l'abbé de Douadic, &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/06/douadic-la-bretonne.html&quot;&gt;François Voisin&lt;/a&gt;, encore lui, qui en fit le premier la description, le dessina et en parla en 1873 comme de la sépulture «&amp;nbsp;&lt;i&gt;certainement la plus curieuse et la plus intéressante de tout le centre de la France&lt;/i&gt; ». Et il est vrai qu'il faut, pour trouver un monument comparable, se rendre dans l'est de la France (Mirecourt dans les Vosges ou le &lt;a href=&quot;http://www.archeographe.net/Reliefs-rupestres-gallo-romains-de.html?artsuite=2&amp;amp;artpage=3-4&quot;&gt;rocher des Trois-Figures&lt;/a&gt; à &lt;a href=&quot;http://pays-de-bitche.wifeo.com/rochers-lemberg.php&quot;&gt;Lemberg&lt;/a&gt; en Moselle).&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/1435112193.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/01/269595318.jpg&quot; id=&quot;media-1657061&quot; alt=&quot;stfleuret1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1657061&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Trois niches cintrées sont taillées en bas-relief dans le calcaire, abritant chacune un personnage. «&amp;nbsp; &lt;i&gt;Celui de gauche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;fort dégrad&lt;/i&gt;é, écrit Gérard Coulon, &lt;i&gt;est une femme vêtue d'une longue tunique. Bien que la figure soit difficilement lisible, on remarque à ses pieds, côté gauche, un petit chien qui fait le beau. Au milieu est figuré un homme tête nue, vêtu d'un habit plus court qui laisse à découvert le bas de ses jambes. Les descriptions et les dessins du XIXè siècle indiquent qu'il tenait un chien dans ses bras. Aujourd'hui, malheureusement, le gel et les intempéries ont eu raison de cette partie du bas-relief : seule une dépression est visible au niveau de la poitrine du personnage. La figure de droite – la mieux conservée – représente une femme dont la chevelure est roulée en bourrelet derrière la tête. Elle tient une aiguière dans sa main droite et près d'elle, un petit chien est assis sur un autel.&lt;/i&gt; »( &lt;i&gt;Quand la Brenne était romaine&lt;/i&gt;, Alan Sutton, 2001, p. 108)&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/02/865569536.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/02/1471268966.jpg&quot; id=&quot;media-1657063&quot; alt=&quot;stfleuret2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1657063&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Une inscription latine est gravée au-dessus des trois niches, mais Gérard Coulon reconnaît qu'elle est difficile à interpréter «&amp;nbsp;&lt;i&gt;en raison de son caractère lacunaire&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;. Cependant Isabelle Fauduet en a tout de même proposé une lecture : le personnage central aurait offert ce monument à sa femme Monima et sa fille Servilla, puis ayant perdu une seconde fille, il aurait fait compléter l'inscription par un autre lapicide.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Gérard Coulon rapporte dans son livre la légende attachée à ce lieu, collectée au siècle dernier par un historien local : un voyageur artiste aurait perdu sa femme et sa fille dans la traversée du gué de Mijault, ainsi qu'un chien qui aurait vainement essayé de les sauver de la noyade. Pour « &lt;i&gt;éterniser le souvenir de cette catastrophe&lt;/i&gt; », il aurait sculpté la falaise, exactement en face de l'endroit funeste, et se serait représenté entre ses chères disparues, avec le chien dévoué près de sa fille.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/233220800.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/1792139734.jpg&quot; id=&quot;media-1657064&quot; alt=&quot;stfleuret3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1657064&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;La dame et le chien sur l'autel&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Enfin, il faut signaler que le monument, daté de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle, attira les pélerins jusqu'au XIXe siècle ; diarrhées humaines, coliques ovines et mauvais sorts sur les troupeaux y étaient conjurés. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Il fallait effectuer le «&amp;nbsp;voyage&amp;nbsp;» le jour du 1er mai, avant le lever du soleil, et déposer quelques pièces de monnaie au pied du monument.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Voilà pour les faits : la signification des sculptures demeure énigmatique, et de nombreuses questions restent ouvertes : quel est le rôle et le sens des chiens ? Pourquoi a-t-on donné ce nom de Saint-Fleuret (sachant que c'est la seule occurrence de ce saint dans la région et qu'il faut aller à &lt;a href=&quot;http://pagesperso-orange.fr/estaing.12/histoire/fete-stf.htm&quot;&gt;Estaing&lt;/a&gt; dans le Rouergue pour en retrouver la trace) ? Pourquoi ce pélerinage le 1er mai, avant le lever du soleil ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;La géographie sacrée va tenter de répondre à ces questions.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 26px; right: 257px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 26px; right: 221px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 136px; right: 173px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 238px; right: 441px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Saint Maur, Pigalle et Galifront</title>
<link>http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/03/17/saint-maur-pigalle-et-galifront.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Robin Plackert)</author>
<category>Poissons</category>
<pubDate>Tue, 17 Mar 2009 01:09:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Déols, inspiratrice du triangle brennou, nous ne faisons là que vérifier encore une fois le rôle primordial de l'abbaye dans la construction de la géographie sacrée médiévale. L&lt;b&gt;'axe Déols-Le Blanc&lt;/b&gt; (Ville Haute) semble confirmer la relation étroite entre les deux cités. Examinons-le attentivement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/780263659.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/00/00/956933744.jpg&quot; id=&quot;media-1641521&quot; alt=&quot;axe-deols-leblanc.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1641521&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;L'axe Déols-Le Blanc&lt;/b&gt; &lt;i&gt;(cliquer pour afficher toute la carte)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Si nous partons de Déols, nous allons tout d'abord suivre le cours de l'Indre, en rasant le quartier Saint-Christophe, jusqu'au village de &lt;b&gt;Saint-Maur&lt;/b&gt;. Passé celui-ci, l'axe abandonne la rivière et pique vers la Brenne en traversant la forêt de Saint-Maur ; il atteint ensuite avec une très grande précision le village de &lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/02/25/dagobert-en-brenne.html&quot;&gt;&lt;b&gt;Méobecq&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, où Dagobert, on l'a vu, avait prétendûment fondé l'abbaye. Au-delà du Blanc, il est jalonné par &lt;b&gt;Ingrandes&lt;/b&gt;, la Fines antique, à la limite des cités biturige et pictone (et situé sur l'axe équinoxial neuvicien) avant de se ficher à &lt;b&gt;Saint-Savin&lt;/b&gt;, la prestigieuse abbaye déjà désignée par une diagonale du carré de Pouligny.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Il faut noter que cet axe passe à proximité de trois lieux-dits nommés le Tertre : Le Tertre Boulu, le Tertre Mondon et le Tertre des Petits-Champs, ainsi que d'un autre lieu-dit &lt;b&gt;Le Perron&lt;/b&gt;, que l'on retrouve dans l'étude d'Anne Lombard-Jourdan sur saint Denis :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;«&amp;nbsp;(...) &lt;i&gt;à proximité et sans doute sur le flanc même de la Montjoie du Lendit, existait un «&amp;nbsp;Perron&amp;nbsp;» (...). Ce genre de tumulus avec pierre plate date de l'âge du bronze ou de Halstatt, c'est-à-dire entre 1200 et 800 environ avant notre ère. Grâce au respect qu'il inspira aux ethnies successives, le Perron traversa les siècles et il est encore bien attesté au Moyen Age.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;L'auteur de&lt;/i&gt; Fierabras, &lt;i&gt;chanson de geste du XIIe siècle, après s'être réclamé de ses sources san-dyonisiennes, raconte comment Charlemagne répartit, à son retour d'Espagne, les reliques conquises sur les Sarrasins. Ce partage solennel, opéré devant une foule immense, a lieu au «&amp;nbsp;Perron du Lendit&amp;nbsp;» :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;«&amp;nbsp; &lt;i&gt;A Saint Denis en France fu li tresors portés ;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Au perron, au Lendi, &lt;i&gt;fu parti et donnés.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;Pour les saintes reliques dont vous après orés,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;i&gt;Par chou est il encore li Lendis appelés.&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; (op. cit. p. 51)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Tout se passe comme si ces tertres, petites éminences sur le plat pays brennou, servaient de relais au grand rayon déolois. Le nom même de Méobecq, assez obscur, viendrait peut-être, selon Dauzat, d'un élément gaulois, &lt;i&gt;mello&lt;/i&gt;, colline.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/01/1088960656.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/media/02/01/629735574.JPG&quot; id=&quot;media-1641529&quot; alt=&quot;DSCF4818.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1641529&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Mais l'indice le plus éclairant est sans doute &lt;b&gt;Saint-Maur&lt;/b&gt;. Ce saint inconnu ailleurs dans l'Indre (il n'est pas cité par Mgr Villepelet au rang des saints berrichons) rime bien sûr richement avec la &lt;b&gt;Maure&lt;/b&gt; de la légende des Bons Saints. Les deux visées primordiales à partir du Blanc, Tours et Déols, portent la même symbolique de l'ombre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Maur&lt;/i&gt;, comme l'explique &lt;a href=&quot;http://esmeree.fr/lestroiscouronnes/myth/textes/saint-maur-et-le-geant-pigalle-a-glanfeuil-commune-du-thoureil&quot;&gt;Pascal Duplessis&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;est le patron des charbonniers et des chaudronniers, lesquels ont en commun la couleur noire que leur confère leur activité. Ce choix s'explique très certainement par l'étymologie du nom de Maur :&lt;/i&gt; mauricus &lt;i&gt;désignant un habitant de Mauritanie, noir de peau.&lt;/i&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le même auteur montre dans une riche étude le lien étroit entre saint Maur et Gargantua : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Dans l'est du département&lt;/i&gt; [Maine-et-Loire], &lt;i&gt;trois des dix prieurés ayant appartenu à l'abbaye de Saint-Maur sont en relation avec Gargantua : le Voide et les dégaillochées du géant, Faveraye et le Palet de Gargantua aux Noyers, Blaison et le Caquin de Gargantua à Gohier. Au-dessus de Glanfeuil, un chemin dit de Courgain relie l'abbaye au Thoureil et au village néolithique. Enfin, un épisode contenu dans la vita du Pseudo-Fauste nous apprend que Benoît, aurait donné à son disciple Maur, à l'occasion du départ de celui-ci pour la Gaule,&lt;/i&gt; &quot;un fragment du manteau qui avait été déposé dans la grotte vénérable du Mont Gargan, si célèbre par l'apparition de saint Michel&quot; &lt;i&gt;(Dom Chamard)&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;» Le géant qui persécutait l'abbaye avait pour nom &lt;b&gt;Pigalle&lt;/b&gt; : &quot;...&lt;i&gt;Merlin luy donna encores huyct jours d'espace pource qu'il avoit oubliée sa grant jument [...], et d'aultre part vouloit revenir par dessus la rivière de Loyre pour tuer deux grans geans lesquelz faisoient grant mal au pays d'Anjou, dont l'ung estoit à Sainct Mor sur Loire et l'autre estoit près Angiers, celuy de Saint Mor estoit nommé Pigalle, et celuy d'Angiers estoit nommé Amaurry, quant Gargantua fut audit S. Mor Pigalle estoit jà mort et enterré, et luy fut monstrée la tumbe où de present l'en veoit encores sa fosse...&quot;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Les Croniques admirables du puissant Roy Gargantua&lt;/i&gt;, début du XVIe siècle)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce Pigalle, par sa racine GAL, est parent du &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/archive/2009/02/08/les-fees-et-les-pierres.html&quot;&gt;Galifront&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; brennou, reconnu comme avatar de Gargantua. Les tertres rencontrés le long de l'axe déolois seraient en somme analogues aux dépattures de Gargantua, aux tumulus funéraires du néolithique. Les moines du Bourg-Dieu ont ici certainement cherché à christianiser une très ancienne mythologie, bien ancrée dans les usages rituels des habitants de cette campagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe style=&quot;position: absolute; display: block; opacity: 0.7; z-index: 500; width: 18px; height: 22px; top: 472px; right: 184px;&quot; src=&quot;http://www.google.com/notebook/static_files/blank.html&quot; id=&quot;gnotes-notemagic&quot; name=&quot;gnotes-notemagic&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; 
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