06 janvier 2006
Summetria
Vladimir Rosgnilk ( L'Emergence de l'Enel ou l'Immergence des Repères, Ark'All 1998, p. 950) explique ainsi la méthode de Léon Sprink :
« D'abord Sprink détermine les axes de symétrie de l'édifice, puis il trace des cercles qui reliaient entre eux les points équidistants du centre de l'édifice. Il obtient ainsi un certain nombre de cercles dont il arrive à retrouver les rayons à partir du rayon d'un de ces cercles, en se servant des divisions des cercles par les axes. Cette méthode s'applique depuis les édifices des premiers siècles chrétiens jusqu'à la Renaissance. Sprink fait remarquer que tous les cercles obtenus ne furent peut-être pas forcément utilisés pour l'établissement du plan de la construction. »
Eglise de Youriouv Polski
(Harmonie en 8, tracé Léon Sprink en 1932, in op. cit. p. 956)
Saint-Genès de Châteaumeillant illustre parfaitement cet énoncé : il est aisé d'y reconnaître ce que Sprink appelle une symétrie d'ordre 8 presque parfaite. Le monument s'ordonne selon une série de cercles concentriques équidistants les uns des autres, dont le module de base est le cercle s'inscrivant dans le carré du transept.
La collégiale de Neuvy, cas particulier d'une basilique accolée à une rotonde, présente également une symétrie d'ordre 8. Les cercles sont bien sûr matériellement tracés, du fait de la forme circulaire de l'édifice. Restait à déterminer les axes de symétrie : l'un d'eux relie le centre du rond-point avec le point médian de la porte ouvrant sur le nord. L'axe basilical passant par le centre constitue l'autre axe directeur.
On remarquera d'une part que les axes 1-4 et 7-4 atteignent les angles de la nef basilicale en tangentant les colonnes les plus importantes, et d'autre part que l'axe 2-6 traverse une des onze colonnes de la rotonde, les dix autres se distribuant symétriquement par rapport à lui.
Maintenant, si nous plaquons sur Neuvy le schéma directeur établi pour Châteaumeillant, en prenant soin de respecter d'une part l'orientation, d'autre part l'axe de symétrie traversant la porte Nord, nous sommes frappés par plusieurs coïncidences.
- Le premier cercle épouse parfaitement le cercle intérieur du rond-point des onze colonnes.
- Le troisième cercle se confond avec le parement extérieur de la rotonde.
- L'axe longitudinal rase le mur de séparation entre la rotonde et la nef basilicale et traverse le chevet en tangentant le bord d'une étroite ouverture dans celui-ci.
C'est la très légère distorsion de perpendicularité (2°) entre les axes 4-8 et 2-6 de Châteaumeillant qui entraîne ce dernier effet. Qu'elle soit voulue ne paraît donc pas faire de doute...
Des vertus de l'imperfection...
Rosgnilk écrit plus loin (p. 954) que Sprink s'est aperçu que « dans certains cas il y avait eu des entorses méthodiques à un tracé parfait " et il ajoute qu' "elles semblent correspondre à des exigences liturgiques nouvelles. »
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N.B : Pour une meilleure lisibilité des plans et schémas, vous pouvez télécharger le fichier suivant (en PDF) : Symétries.
00:15 Publié dans Omphalos | Lien permanent | Commentaires (4)







