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12 janvier 2007

Cinq choses peu connues à mon sujet

J'avais vu fleurir le jeu ces derniers jours sur le net. Je suis très méfiant vis-à-vis des chaînes ( aversion pour ces messages qui, d'un côté vous promettaient le bonheur, et de l'autre vous enjoignaient de les propager autour de vous, sous peine de malheur dans la quinzaine à venir), mais je dois dire que je lisais toujours avec curiosité ces billets souvent amusants et insolites (un brin de voyeurisme devait aussi entrer là-dedans). Et puis voilà que l'Ornitho, dont je guette toujours la fiction nouvelle, entre dans le jeu et me convie in fine à le partager. Après mûre réflexion (non, le cliché n'est pas très juste, la réflexion est plutôt verte car je ne sais pas trop pourquoi je sacrifie à l'exercice alors que j'ai sous le coude des travaux plus sérieux - mais il y a plaisir parfois à perdre son temps, non ?), après tergiversation donc, je me lance.

J'ai vécu plusieurs années de mon enfance à Saulzais-le-Potier, un des trois villages qui revendiquent être le Centre de la France (d'où peut-être ma dilection pour les omphalos...). Paradoxe :  ce village rouge s'appuyait sur les calculs de l'abbé Moreux.Je me souviens avoir assisté à des jeux inter-villages qui opposaient Saulzais à Vesdun et Bruère-Allischamps, les deux autres prétendants au titre. Cela n' a pas suffi à les départager.

J'ai été initié à vingt ans à la Méditation Transcendantale. Cela m'a coûté un quart de mon salaire de l'époque et j'ai dû acheter des fruits et des mouchoirs blancs pour la cérémonie. Tout ça pour un mantra, à sussurer soir et matin. Je n'ai pratiqué que quelques mois. Sur une plage de Bretagne, en hiver, j'ai initié à mon tour trois amis. Nous n'en avons jamais reparlé.

J'ai bataillé pendant un an avec une amie guérisseuse qui tenait ses secrets de sa mère (elle officiait en Brenne où elle intervenait apparemment  avec beaucoup d'efficacité sur le bétail). Je refusais d'accorder quelque crédit que ce soit à cette charlatanerie. Avec sa tranquille assurance, mon amie a réussi à ébranler mon scepticisme, à tel point qu'elle a tenu à me confier un des ses charmes. Ainsi puis-je panser les piqûres (guêpes, abeilles et même serpents), disposant du geste et de la formule ad hoc. J'ai peu usé de mes pouvoirs (personne ne s'étant avisé de se faire mordre par une vipère en ma présence), mais les enfants aimaient venir se faire panser quand ils étaient tombés dans les orties...

J'ai failli être champion de l'Indre de cyclisme, en catégorie cadets. Cette année-là, la course se déroulait au Blanc. Au dernier tour, nous n'étions plus que six en tête. L'arrivée était jugée au sommet de la Ville Haute. J'abordai la dernière côte en première position, bien décidé à lancer le sprint de loin. Manque de chance, sous ma pédalée rageuse, ma chaîne a dégringolé sur le petit pignon et je me suis retrouvé planté dans le fort raidillon. Mes concurrents me dépassèrent allègrement et je ne terminai que sixième. Je renonçai l'année suivante au sport cycliste.

J'ai ouvert depuis quelque temps un autre blog, un blog noir, sur une plateforme dépourvue de statistiques. Je n'ai donné l'adresse à personne, absolument personne (et je ne la donnerai pas plus maintenant que j'en ai fait l'aveu). Il me plaît que cet objet, tout à fait accessible par ailleurs, mène une vie anonyme au sein du réseau, trou noir au milieu de la galaxie webique. Je me doute bien qu'un jour, de par le jeu des moteurs et si je continue à l'alimenter, un visiteur posera un oeil sur le météore et y laissera peut-être une trace, mais c'est qu'alors le temps sera venu de la visibilité. Je ne suis pas pressé.

Je passe la main à Colette (l'Ornitho pense que ça va la fatiguer, mais ça ne coûte rien de lui proposer), Marc Briand, Jean-Marc Bellot, Gatito et Marc Lebeau (qui n'a pas de site, mais que j'accueillerai volontiers dans ces pages).